— Publié le 14 mai 2024

Le drapeau met le feu aux poudres

Tunisie

Situation confuse en Tunisie. Les médias locaux rapportent, sur la foi de sources judiciaires, que la justice tunisienne a décidé lundi 13 mai de poursuivre neuf responsables sportifs, dont le président de la fédération de natation (FTN) et le directeur de l’agence nationale antidopage. Les deux hommes auraient été placés en garde à vue, tandis que les sept autres officiels ont été convoqués au tribunal de Ben Arous, au sud de la capitale. A l’origine de l’affaire, un drapeau tunisien caché par un bout de tissu lors d’un meeting de natation, le Tunisian Open Master, organisé par la Fédération tunisienne de natation à la piscine olympique de Radés, dans la ville de Tunis (photo ci-dessus). L’incident est intervenu quelques jours après l’annonce par l’Agence mondiale antidopage (AMA) des sanctions contre la Tunisie, justifiées par la non-conformité de son agence antidopage. En vertu des règles de l’AMA, la Tunisie ne peut plus accueillir des championnats régionaux, continentaux ou mondiaux, et son drapeau tunisien n’est plus autorisé dans les événements sportifs. En masquant le drapeau, les organisateurs du meeting n’ont fait que se conformer aux exigences de l’AMA. Mais l’incident a provoqué une crise politico-sportive. Le ministère des Sports a imposé la dissolution du bureau de la Fédération tunisienne de natation, ainsi que le licenciement du directeur général de l’Agence tunisienne de lutte antidopage. Dans un communiqué publié ce mardi 14 mai, l’AMA condamne les décisions de la justice tunisienne. Elle exprime « sa préoccupation profonde suite à l’arrestation du directeur général de l’Organisation nationale antidopage de Tunisie (ANAD) et à son licenciement pour avoir simplement tenté de se conformer aux conséquences liées à la non-conformité de l’ANAD au Code mondial antidopage. » L’AMA demande sa « libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que l’abandon de toutes les accusations portées contre lui. »