— Publié le 18 mai 2026

Pourquoi Heerenveen est en pole pour le patinage de vitesse

Alpes françaises 2030 Focus

Jamais les Pays-Bas n’ont accueilli les Jeux olympiques d’hiver. Mais cela pourrait changer, dès 2030, grâce à la France. Le 11 mai, le comité d’organisation des Alpes françaises 2030 a annoncé entrer en « discussions exclusives avec le site du Thialf » pour que les épreuves de patinage de vitesse se déroulent à Heerenveen dans quatre ans. L’option néerlandaise a donc pris l’ascendant sur l’Oval Lingotto de Turin, l’autre piste envisagée par le COJOP.

Un site moderne, mais chargé d’histoire

Le COJOP a ménagé tout le monde en affirmant avoir étudié « deux candidatures extrêmement solides ». Turin présente un avantage géographique : la capitale du Piémont est à proximité des Alpes, et à 200 kilomètres de Nice. En revanche, son anneau de vitesse n’a plus servi depuis les Jeux de Turin 2006 et nécessiterait des travaux d’environ 12 millions d’euros selon le Corriere della Sera. Le site d’Heerenveen est plus lointain, à 1.000 kilomètres des clusters de montagne, mais apporte des garanties sportives. Il est d’ailleurs considéré comme La Mecque de la discipline.

« Le Thialf est souvent considéré comme le cœur du patinage de vitesse mondial. C’est l’une des patinoires les plus emblématiques et les plus animées de notre sport. Le site a fait l’objet d’une reconstruction et d’une modernisation complètes en 2017 et est reconnu comme un centre de haut niveau dédié au patinage d’élite, offrant une qualité de glace, des installations pour les athlètes et une gestion des événements de classe mondiale », confie une porte-parole du site à Francs Jeux. En 2030, le Thialf fêtera aussi ses 175 ans. « Accueillir les épreuves olympiques de patinage de vitesse ici serait non seulement un grand honneur, mais aussi une étape symbolique dans cette longue tradition. »

« Soutenir au mieux la France et le CIO  »

Le Thialf dispose d’une capacité de 12.500 places. Bien plus que l’anneau milanais, qui pouvait accueillir 7.500 spectateurs en février. Il accueille régulièrement des Championnats du monde et des manches de Coupe du monde, ce qui assure un savoir-faire opérationnel et des conditions de compétition de très haut niveau. La ferveur du public néerlandais pour le patinage de vitesse laisse aussi penser que les places se vendront sans problème, et donc que le COJOP y trouvera aussi son compte financièrement. Le COJOP a peut-être aussi pris en compte le fait que les patineurs français s’entraînent déjà au Thialf dans le cadre d’un partenariat avec la fédération néerlandaise.

« Pour les Pays-Bas, qui ne possèdent pas de montagnes et ne peuvent donc pas accueillir l’intégralité des Jeux d’hiver, c’est une occasion unique de contribuer au projet français en s’inscrivant pleinement dans la stratégie de développement durable du CIO : utiliser des sites existants et éprouvés plutôt que d’en construire de nouveaux, souligne la porte-parole du site. Nous mettrions notre expérience, notre stade et notre culture du patinage au service du Comité d’organisation et du CIO, afin que les épreuves de patinage de vitesse renforcent l’identité des Jeux des Alpes françaises 2030. »

« Nous sommes profondément honorés que le Comité d’organisation français souhaite entamer des discussions exclusives avec le Thialf. Nous sommes pleinement conscients qu’il ne s’agit pas d’une décision définitive, et nous abordons ces discussions avec humilité et un sens aigu des responsabilités, ajoute-t-elle. Notre priorité est de démontrer comment nous pouvons soutenir au mieux la France et le CIO pour organiser des compétitions de patinage de vitesse durables, centrées sur les athlètes et mémorables, dans le cadre de Jeux véritablement français. » Les prochaines semaines devront permettre de finaliser le dossier et de trouver un accord. La fumée blanche est attendue le 4 juin, lors du prochain bureau exécutif.