La Fédération internationale de ski et de snowboard aura un nouveau président jeudi… ou pas. En poste depuis 2021, Johan Eliasch brigue un deuxième mandat. Un an après son échec pour la présidence du CIO, le Britannico-Suédois se présente à nouveau face aux électeurs, cette fois pour rester à la tête de la FIS. Pas une mince affaire.
Une méthode qui divise
Le président de la FIS n’a pas abordé la campagne dans les meilleures conditions. Il n’a obtenu le soutien ni de la Grande-Bretagne, ni de la Suède, deux pays dont il est pourtant citoyen. La fédération britannique l’avait appuyé en 2021, mais elle a cette fois décidé de pousser la candidature de Victoria Gosling. Contraint par le règlement de représenter une fédération, Johan Eliasch se serait rapproché de l’Arménie selon plusieurs médias, avant de finalement obtenir un passeport géorgien. Une drôle de manœuvre, qui traduit un certain manque de soutien à son égard.
En 2022, malgré l’absence d’adversaire, il n’avait récolté que 70 voix sur 126 possibles. Un signe que sa vision ne faisait pas l’unanimité. Les critiques sont venues de nations majeures, comme la Suisse ou l’Autriche. Peter Schröcksnadel, ancien président de la Fédération autrichienne, déclarait en 2024 qu’il regrettait « profondément d’avoir soutenu Johan Eliasch en 2021 ». Il pointait notamment son manque de vision en matière de durabilité puisque le calendrier pousse les athlètes à faire plusieurs voyages entre l’Europe et l’Amérique du Nord chaque hiver.
Toujours en 2024, il a dû gérer l’incompréhension d’une soixantaine d’athlètes, signataires d’une lettre qui s’interrogeait sur le refus d’un deal de 400 millions d’euros avec CVC. « Nous demandons juste plus de transparence et plus de considération. Nous souhaitons une meilleure prise en compte de nos voix et des offres sur la table qui influencent l’avenir de notre sport », expliquait la superstar Mikaela Shiffrin. Ces dernières semaines, la star suisse Marco Odermatt a aussi pointé du doigt le bilan du président.
Des critiques régulières ont par ailleurs été formulées sur la sécurité et l’absence d’évolutions significatives en la matière. En Formule 1, « la sécurité a énormément évolué. Dans notre sport, ce n’est pas le cas, estimait Alexis Pinturault auprès de RMC Sport l’automne dernier. La FIS est volontaire mais il faut maintenant avancer parce que le sport continue d’avancer et les blessures continuent de tomber. » Un contexte délicat pour le président sortant, malgré le succès unanime des Jeux olympiques de Milan-Cortina.
« Une FIS plus forte, plus dynamique et plus unie »
Dans son document de candidature de 42 pages, le président sortant défend son bilan : introduction d’un calculateur de CO2, centralisation des droits TV jusqu’en 2034, intégration du Freeride World Tour et des disciplines para au sein de la FIS, nombre de sponsors majeurs multiplié deux, lancement de la plateforme FIS TV, etc. « La transformation que nous avons commencée en 2021 est réelle. Cela fonctionne. Mais ce n’est que le début », annonce Eliasch. Il promet de travailler pour qu’un maximum de disciplines figurent au programme olympique, en citant spécifiquement le freeride, de développer des événements mêlant l’art, la musique et la culture, d’instaurer des règles plus strictes en matière d’utilisation de matériaux recyclés et recyclables, etc.
Il répète aussi la nécessité d’innover, notamment pour transformer l’expérience spectateur et le produit médiatique, avec plus d’interaction. Il compte s’appuyer sur la data et l’intelligence artificielle pour que le numérique représente au moins 35 % des revenus de la FIS. « Si vous m’accordez votre voix, je m’engagerai pleinement dans la tâche que nous avons entreprise : renforcer l’autonomie de chaque nation membre, protéger nos athlètes et veiller à ce que les sports de neige continuent de fasciner et d’inspirer les générations futures, écrit-il. Ensemble, nous façonnerons une FIS plus forte, plus dynamique et plus unie : en repoussant les limites, en encourageant l’innovation et en visant plus haut que jamais. » Aux votants de trancher.

