— Publié le 13 mai 2026

Milan-Cortina sous pression face au déficit annoncé

Milan-Cortina 2026 Focus

Les chiffres ne sont pas définitifs, mais ils traduisent déjà une tendance… qui n’est pas à l’avantage du comité d’organisation de Milan-Cortina 2026. Si, dans l’ensemble, les Jeux olympiques et paralympiques se sont déroulés sans accroc, le bilan financier se présente de manière moins réjouissante. Malgré 56 partenariats, ces Jeux ont enregistré les recettes de sponsoring les plus faibles pour des Jeux olympiques d’hiver depuis Turin 2006. Et la balance apparaît largement déséquilibrée.

Des chantiers qui gonflent l’addition

Selon les estimations, les partenariats noués par Milan-Cortina 2026 ont rapporté entre 550 et 580 millions d’euros au comité d’organisation. Un résultat qui correspond à l’objectif qui avait été annoncé. Malgré tout, la balance serait déficitaire d’environ 310 millions d’euros. Le bilan est plombé par la hausse des coûts, qui a poussé le comité d’organisation à dépenser approximativement 230 millions d’euros de plus. Le retard pris dans la construction de certaines infrastructures serait notamment en cause.

Des risques ont été pris, c’est indéniable. Quelque 118 millions d’euros ont été engagés pour rénover la piste de glisse de Cortina, qui n’était plus utilisée depuis une dizaine d’années. Une somme plus importante que les 81 millions annoncés au début des travaux. Le chantier a été encouragé par les autorités politiques, pour des questions d’héritage. Jusqu’au début de l’année 2024, il était pourtant question d’organiser ces épreuves sur un site déjà existant, en Suisse ou en Autriche, pour réduire les coûts. Et le CIO avait clairement signalé que la délocalisation était l’option la plus raisonnable.

Le coût de l’Arena Santagiulia, livrée in extremis, a aussi fait débat. Le chantier a été estimé à 177 millions d’euros, mais d’autres chiffres ont circulé. En interne, le constructeur Eventim aurait évoqué un coût de 320 millions d’euros, qui n’a pas été confirmé. La Cour des comptes a ouvert une enquête sur le surcoût de l’enceinte et sur les financements publics alloués au projet.

L’Etat et les collectivités locales forcées de payer la note ?

Dans le même temps, les recettes ont été inférieures de 80 millions d’euros par rapport aux prévisions. Le retard pris sur le chantier de l’Arena Santagiulia a eu des conséquences puisque la salle n’a pas pu accueillir autant de spectateurs que prévu : la promesse de 14.000 sièges n’a pas été tenue, et il a fallu se contenter d’un maximum de 11.500 places. Ce que Luc Tardif, le président de la Fédération internationale de hockey sur glace, a publiquement déploré. Et quand on sait qu’il s’agit du sport le plus important en termes de revenus de billetterie… Autre couac : la disparition rapide des mascottes Tina et Milo dans les magasins officiels, alors que le public se les arrachait. Ce qui a forcément occasionné un manque à gagner.

Le comité d’organisation a demandé une aide de 100 millions d’euros au CIO, qui a refusé, estimant qu’il avait déjà suffisamment contribué et qu’il revenait au comité d’organisation d’assumer ses responsabilités. La pression monte, et la patate chaude risque de revenir dans les mains de l’Etat, des régions et des villes hôtes. Le Comité national olympique (CONI) et le Comité national paralympique (CIP) ont aussi rappelé, le 21 avril, qu’ils attendaient l’argent promis par Milan-Cortina : 48 millions d’euros pour le CONI et 5,4 millions pour le CIP, au titre de redevances marketing. En attendant, les deux organisations serrent les dents et le CONI a reporté de deux mois l’approbation de son budget. Les Jeux sont terminés, mais la partie est encore loin d’être terminée pour le comité d’organisation.