— Publié le 4 mai 2026

Qui de Lyon ou Paris serait le mieux placé pour récupérer le hockey sur glace ?

Alpes françaises 2030 Focus

Un aperçu de la LDLC Arena en configuration olympique.

« Je souhaite garder la totalité du pôle glace à Nice et on fait tout pour. » Présent devant la presse mercredi, Renaud Muselier a maintenu le cap. Pourtant, le hockey sur glace masculin semble s’éloigner de plus en plus de la cité azuréenne. « Dans une logique de sobriété et d’optimisation budgétaire », le comité d’organisation des Alpes françaises 2030 a lui-même pris la décision « d’élargir ses investigations en étudiant la mobilisation d’équipements existants, dans d’autres grandes métropoles comme Lyon ou Paris ». Les deux villes donnent des garanties, et présentent des atouts différents.

Paris, l’argument billetterie ?

Paris a laissé un souvenir indélébile au monde entier en 2024 en offrant peut-être les plus beaux Jeux olympiques et paralympiques d’été de l’histoire. Avec les aéroports d’Orly et de Roissy, elle dispose aussi de deux portes d’entrée idéales pour les voyageurs internationaux. Cependant, la différence se fera probablement ailleurs. Comme Lyon, elle aura droit à un test grandeur nature avec les Championnats du monde 2028, ce qui réduit considérablement les risques de couac pour le tournoi olympique en 2030. Paris peut se distinguer sur un point : la capacité de l’Accor Arena.

En configuration patinoire, elle pourra accueillir environ 13.800 personnes lors des Championnats du monde. C’est plus que Lyon avec la LDLC Arena. Et ce n’est pas un détail : le hockey sur glace représente environ 60% des revenus de billetterie des Jeux d’hiver. Il est donc crucial d’avoir une enceinte capable d’accueillir un maximum de public. À titre de comparaison, l’Arena Santagiulia a rassemblé jusqu’à 11.500 fans en simultané en février – le président de la Fédération internationale de hockey sur glace, Luc Tardif, avait regretté que la capacité n’ait pas été à la hauteur des promesses initiales. Sur le papier, Paris apporterait donc plus de garanties en matière de revenus. Un argument de poids quand on connaît la marge de manœuvre étriquée du COJOP pour le financement de ces Jeux.

Lyon, l’argument région

D’une certaine manière, Lyon fait déjà partie de la carte des Jeux puisque le siège du COJOP est installé à Décines-Charpieu. Avec son aéroport et ses liaisons ferroviaires, la capitale des Gaules est un point de passage naturel vers les sites de montagne des Alpes. Choisir Lyon éviterait d’éclater la carte des sites, en sachant que le patinage de vitesse sera déjà délocalisé aux Pays-Bas ou à Turin. La cohérence de la « marque » Alpes françaises 2030 serait ainsi préservée.

« Nous répondons sans aucune difficulté à l’ensemble du cahier des charges, avec notamment la jauge imposée de 10.000 places brutes minimum, a affirmé Alexandre Aulas, président de Thrillstage (la société exploitante de la LDLC Arena), lors d’une conférence de presse mercredi dernier. Notre site est très accessible, est déjà homologué pour le hockey sur glace, nous sommes idéalement placés à la porte des Alpes et nous faisons sens dans le projet global d’Alpes 2030 de limiter son empreinte carbone. Nous sommes la candidature la plus évidente. »

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannecoucke, a gentiment marqué son territoire jeudi lors d’une conférence de presse à Marseille. « C’est une candidature des Alpes françaises. Si ma géographie est bonne, Paris n’en fait pas partie », a-t-il rappelé, faisant comprendre que Lyon serait une option beaucoup plus pertinente à ses yeux. Mais il pourrait y en avoir d’autres.

Selon Renaud Muselier, le COJOP va également se mettre en contact avec Marseille, Gap, Grenoble et Albertville pour prendre la température et « voir s’ils peuvent répondre à cette consultation dans un laps de temps extraordinairement court ». Niveau calendrier, le président de la région Sud a annoncé qu’il y avait jusqu’à « début juin pour avoir un retour des différents territoires et pour savoir s’ils sont au niveau d’exigence demandé par le CIO ». Le COJOP n’en a pas encore fini avec les expertises techniques et financières.