La nouvelle est tombée lundi. Sir Craig Reedie a quitté ce monde à l’âge de 84 ans. Un choc au sein du Mouvement olympique compte tenu de l’épaisseur de son CV et de son rôle dans nombre d’institutions et événements de premier plan. Après une carrière de joueur de badminton, il a démarré son parcours de dirigeant au sein de l’Union écossaise de badminton, avant de devenir président de la Fédération internationale de biathlon en 1981, œuvrant pour que son sport intègre le programme olympique – ce qui s’est concrétisé à Barcelone en 1992. Son influence dépasse toutefois largement le cadre du monde du badminton.
« Défenseur inébranlable de l’intégrité »
Craig Reedie a rejoint le CIO en tant que membre en 1994. Il a fait partie de la commission exécutive de 2009 à 2012, et a occupé le rôle de vice‑président de 2012 à 2016. Il a aussi été le troisième président de l’histoire de l’Agence mondiale antidopage, en exerçant deux mandats, de janvier 2014 à décembre 2019. Il a notamment dû gérer le délicat dossier du dopage russe. Le CIO souligne dans son communiqué qu’il a « dirigé l’AMA de main de maître pendant l’une des périodes les plus turbulentes du sport – la révélation de la manipulation systématique du système antidopage en Russie – en s’appuyant sur ses compétences diplomatiques très respectées ».
« Nous avons perdu un véritable gentleman et un fervent défenseur de la lutte contre le dopage, regrette son successeur, Witold Banka. C’était un homme d’une grande intégrité et, en tant que sportif dans l’âme, il était convaincu que le sport nous montre qu’il est toujours possible de faire mieux – une conviction qu’il a mise en pratique dans la direction de l’AMA. » David Lappartient a salué « un ami, un leader infatigable du sport britannique et international, et également un remarquable président de l’AMA », avec qui il a travaillé de nombreuses années dans son rôle de président de l’UCI.
« Sir Craig Reedie a consacré toute sa vie au service du sport et du Mouvement olympique, souligne Kirsty Coventry. Il a été un défenseur inébranlable de l’intégrité, guidant la communauté sportive mondiale à travers certains de ses moments les plus difficiles avec dignité et détermination. Sa contribution aux Jeux olympiques, à l’intégrité du sport et au développement des athlètes dans le monde entier laissera une empreinte durable pour les générations à venir. » Le drapeau olympique sera mis en berne durant trois jours à la Maison Olympique, à Lausanne, pour saluer sa mémoire.
L’empreinte de Londres 2012
Craig Reedie restera également l’un des hommes clefs de la candidature de Londres à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2012, en tant que président du Comité national olympique britannique (1992-2005) et directeur du comité d’organisation. Sebastian Coe, président du COJOP, l’a côtoyé de près. « Craig était un mentor, un conseiller avisé et un grand ami, écrit-il sur X. Le du chemin vers Londres 2012 a marqué le début d’une longue et précieuse amitié. Le rôle de Craig dans la sécurisation des Jeux olympiques et paralympiques de Londres 2012 a été incommensurable. Sans Craig et son leadership à la tête de l’Association olympique britannique, nous n’aurions peut-être jamais obtenu le droit d’accueillir Londres 2012. »
Terribly sad news to hear about Sir Craig Reedie and my thoughts are first and foremost with his beloved wife, Lady Rosemary, his children Colin and Catriona, and his grandchildren.
— Seb Coe (@sebcoe) April 6, 2026
Rosemary and Craig were a powerhouse couple in global sport. They were engaging, hospitable, kind… pic.twitter.com/K56Yl5lLqi
« Craig était un sportif dans l’âme, mais il avait l’esprit et la ténacité d’un homme politique, poursuit Coe. Il était opiniâtre, sage, rusé et, avant tout, loyal envers ceux qui voulaient servir le sport. Il était authentique et n’hésitait pas à dire ce qu’il pensait. Il était d’une franchise incisive et se trouvait en première ligne dans chaque bataille. Et, lors des rares occasions où il se trompait, il l’admettait, expliquait sa position et présentait ses excuses. L’incarnation même du gentleman. » Sa contribution a été récompensée du titre de chevalier Grand-Croix de l’Ordre de l’Empire britannique en 2018 et de l’Ordre olympique en 2023.

