
Crédit : Redtorch
Le rapport 2026 SportOnSocial sur les fédérations internationales est en ligne. Comme toujours, sa lecture se révèle riche en enseignements pour les acteurs du Mouvement olympique compte tenu de l’importance de ces plateformes aujourd’hui. L’agence Redtorch a comparé les performances de 44 fédérations internationales sur huit réseaux sociaux en 2025 (Facebook, Instagram, X, YouTube, TikTok, Weibo, Douyin, WeChat). Que faut-il en retenir ?
L’athlétisme et les sports d’hiver en plein essor
World Athletics conserve sa première place avec un score global de 93 points. La FIFA et la FIVB complètent le podium, dont sont éjectés le Conseil international du cricket (désormais 5e) et World Aquatics (9e). World Athletics, qui a pu compter sur les Championnats du monde à Tokyo en septembre comme levier, réalise une percée sur TikTok : alors qu’elle n’était que la neuvième FI la plus performante sur cette plateforme en 2024, elle est désormais deuxième. La fédération dirigée par Sebastian Coe se classe par ailleurs numéro 1 sur Facebook et numéro 3 sur Instagram.
Parmi les progressions les plus spectaculaires, la FIS gagne onze places et se classe quatrième. « Cette progression s’explique en grande partie par le contenu consacré à la préparation de Milan-Cortina sur Instagram, explique le rapport. Elle a enregistré la plus forte croissance parmi les FI de taille similaire, avec des niveaux d’engagement comparables à ceux de FI dont l’audience est quatre à six fois plus importante. » Davantage sous les projecteurs avec la perspective des Jeux olympiques, les FI des sports d’hiver ont connu une explosion de l’engagement (+97%). L’ISU (14e), l’IBU (18e), l’IBSF (24e), World Curling (28e) et l’ISMF (41e) gagnent toutes plusieurs places au classement.
TikTok et les vidéos gagnent du terrain
World Triathlon gagne 15 places et occupe désormais le 15e rang du classement, notamment grâce à la puissance de ses vidéos sur YouTube (2e fédération la plus performante, +24 places) et sur TikTok (13e, +15). Le rapport souligne justement l’importance prise par les contenus vidéos : ils représentent 62% des publications des FI. Elles ont largement augmenté la publication des reels Instagram (+18%), des reels Facebook (+17%), des vidéos TikTok (+58%), ainsi que des shorts (+38%) et des longs formats (+11%) sur YouTube.
Incontournable pour toucher les jeunes, TikTok offre des données précieuses pour valider la stratégie des FI. Les bons élèves en la matière ? La FIFA (1ère), World Athletics (2e), l’UCI (3e), la FIS (5e, +7 places), World Taekwondo (11e, +5), World Triathlon (13e, +15) ou l’IBSF (16e, +17). L’audience globale des fédérations a augmenté de 16 % en un an sur TikTok, le taux de croissance le plus élevé parmi toutes les plateformes. Avec 63,4 millions d’abonnés cumulés, TikTok talonne désormais YouTube (64,6 millions). « TikTok est en train de devenir rapidement l’une des plateformes les plus importantes pour les FI qui souhaitent toucher de nouveaux publics, en particulier les jeunes fans qui découvrent les sports olympiques », souligne le rapport.
World Athletics, World Gymnastics et World Archery sont les trois FI les plus performantes sur Facebook. Une plateforme qui reste une valeur sûre puisque 29 FI ont vu leur audience augmenter et améliorer leur engagement par rapport à 2025. Facebook se prête particulièrement aux images d’archives puisque « le contenu circule davantage par le biais du partage que par la découverte en temps réel ». Sur Instagram, ce sont la FIS, l’UWW et la FIFA qui mènent la danse. La FIVB, l’ICC et l’ISU occupent le haut du classement sur X mais à plus large échelle, les FI ont perdu 1,2 million d’abonnés sur le réseau social d’Elon Musk et le nombre de tweets publiés a diminué de 27% par rapport à 2024.
Sur les plateformes chinoises, le tennis de table, le basket, le badminton, le football et le patinage occupent les premières positions. L’engagement a explosé sur WeChat (+476%) et a continué d’augmenter sur Weibo (+27%) et Douyin (+11%). D’où la nécessité, selon le rapport, de considérer la Chine comme comme « un écosystème numérique à part entière » et de s’appuyer sur un storytelling local.
Archives et culture pop
Bien que le rapport se concentre sur l’année 2025, Redtorch tire aussi quelques leçons des Jeux d’hiver de Milan-Cortina. « La diffusion de contenus d’archives s’est avérée être une stratégie peu coûteuse en efforts mais très rentable lors des Jeux de Milan-Cortina 2026. Ce sont les moments emblématiques dont le public se souvient. La rediffusion de performances historiques tout au long de l’année permet de perpétuer ces moments et peut inciter les amateurs occasionnels à s’intéresser davantage à ce sport. »
La réactivité est un autre point clef à retenir : en étant attentif aux réseaux sociaux et aux discussions des fans, les FI peuvent plus facilement capter l’attention. « Les FI ont pu s’inscrire dans le débat olympique plus large en réagissant en temps réel aux réactions du public. Le même principe s’applique tout au long de l’année : un contenu qui reflète les conversations actuelles des fans est essentiel pour susciter leur engagement et trouver un écho au milieu de fils d’actualité saturés. »
Ultime enseignement, « la culture pop reste l’un des meilleurs moyens d’attirer l’attention et d’amener de nouveaux publics vers le sport ». D’où l’intérêt pour les FI de publier des contenus axés sur la personnalité des athlètes pour « dépasser le cercle des amateurs traditionnels de sports d’hiver ». Un exemple : le patineur espagnol Tomàs-Llorenç Guarino Sabaté, dont le choix de performer sur la bande-son des « Minions » a beaucoup fait parler.

