
Photo : Special Olympics.
Du 6 au 11 juillet, la France accueille la troisième édition de la Coupe du monde de football unifié de Special Olympics, à Paris. Plus de 300 joueurs et joueuses, avec et sans déficience intellectuelle, seront sur le terrain pour se disputer le titre. Un événement qui « s’inscrit dans la continuité des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 et de la dynamique nationale en faveur du sport inclusif », dixit la ministre des Sports Marina Ferrari. Julien Collette, directeur de Special Olympics France, se confie avant le début du tournoi.
Quel est l’enjeu d’un tel événement ?
On veut montrer qu’il y a un héritage véritablement inclusif des Jeux paralympiques, qui touche aussi les personnes en situation de handicap intellectuel. Le sport peut être un vecteur d’inclusion fort, de mieux être, de vie en meilleure santé pour les personnes en situation de handicap intellectuel. Notamment quand il est unifié, en faisant jouer ensemble des personnes en situation de handicap et des personnes qui ne le sont pas. L’enjeu, c’est de valoriser le sport inclusif et de construire, grâce à cette dynamique, une offre de sport inclusif, notamment dans les clubs de foot.
Est-ce que les Jeux de Paris ont été un déclencheur pour candidater ?
Leur succès a été un déclencheur. Ça nous a convaincus qu’il fallait absolument saisir l’opportunité de continuer à montrer le pouvoir inclusif du sport par l’accueil d’un nouveau grand événement inclusif à Paris. Le succès des Jeux paralympiques a été déclencheur.
Organiser cette Coupe du monde en même temps que celle de la FIFA, c’était délibéré ?
Oui, on a vu ça comme une opportunité. Le mouvement Special Olympics est très puissant aux États-Unis, il l’est aussi en Allemagne ou en Italie. En France, c’est assez peu connu, on part de loin. Il était d’autant plus important que le premier événement international accueilli en France le soit à Paris, dans la dynamique de l’héritage des Jeux, et en lien avec la Coupe du monde de la FIFA, puisque c’est une Coupe du monde de foot unifié. Le monde a les yeux braqués sur le foot, c’est le moyen pour nous de montrer qu’il y a un autre Mondial, qui vaut le coup aussi.
Vous avez des indicateurs qui témoignent d’un intérêt de la part des médias, des sponsors ou du public ?
On a organisé un entraînement ouvert au public et aux médias le 5 juin. La presse spécialisée était là, la presse générale aussi. Stade 2 suit un athlète pour un reportage., L’Equipe a fait un premier papier sur Special Olympics… Oui, l’intérêt est en train de monter. Special Olympics est encore peu connu en France mais grâce à cet événement, on commence à toucher des publics qui s’intéressent et à montrer qu’il peut y avoir une autre Coupe du monde dans le paysage actuel.
La FFF est à votre côté sur ce projet. Vous avez des discussions avec elle sur la possibilité de faire entrer le foot inclusif dans les clubs ?
Oui. On doit se féliciter que la FFF ait cru en ce projet dès février 2025. On lançait la candidature, la fédé y a tout de suite cru parce que cet événement va se servir de l’universalité du foot pour montrer le pouvoir inclusif du sport. Ça parle énormément à la fédé, aussi parce qu’elle a une politique inclusive. Beaucoup de clubs et de districts ont déjà des actions fortes. Préalablement, on était déjà en partenariat avec le district mosellan de foot pour des actions sur le territoire. Les districts de Paris et de Dordogne ont aussi des actions développées en matière de foot inclusif, qui demandent à être mieux connues. Pour que le sport aille vers les établissements médico-sociaux, et que ce ne soit pas forcément dans l’autre sens.
À quoi le public peut-il s’attendre ?
C’est une vraie expérience de foot, il y aura du beau jeu, des équipes du monde entier : le Brésil, l’Espagne, mais aussi des pays qui ne sont pas habituellement sur la carte du foot, comme la Chine ou l’Inde. Il y aura une très bonne ambiance, très internationale, très bienveillante, car notre cause veut ça. On a aussi une proximité forte avec les athlètes dans un événement de ce type. L’expérience spectateurs est très puissante. Il y aura beaucoup de jeunes par le biais des centres de loisirs, il y aura les familles des athlètes. On invite les établissements adhérents à venir avec des délégations, plusieurs centaines de nos athlètes seront présents avec leurs encadrants. Les gens qui s’inscrivent sont plutôt sensibilisés à la cause, mais on peut aussi attirer des familles.

