— Publié le 23 juin 2026

Giovanni Malagò, le patron de Milan-Cortina 2026, peut-il relancer le football italien ?

Institutions Focus

Photo : FIGC.

La date était cochée depuis de longs mois par le football italien, en quête d’un nouvel élan. La Fédération italienne de football (FIGC) attend un nouveau président depuis la démission de Gabriele Gravina, début avril, suite au nouvel échec de la Nazionale à se qualifier pour la Coupe du monde. Lundi, Giovanni Malagò a été élu à Rome face à Giancarlo Abete, sans surprise. Le début d’un immense défi pour le président du comité d’organisation de Milan-Cortina 2026.

Compétitivité sportive et économique

Giovanni Malagò a obtenu une victoire confortable (68,58 %), qui lui permet de commencer sa mission dans de bonnes conditions. Son nom circulait déjà avant même qu’il soit candidat, preuve de son poids au sein du Mouvement sportif italien. Président du Comité national olympique (CONI) de 2013 à 2025, il a porté le retour des Jeux olympiques en Italie en tant que président du comité d’organisation des Jeux d’hiver de Milan-Cortina. « Le CONI a remporté plus de médailles que jamais aux derniers Jeux olympiques d’été et d’hiver, et il y a eu Milan-Cortina, où un modèle qui fait désormais référence au niveau international a été inventé, a glissé Malago au sujet de ses états de service lundi devant la presse. J’espère que tout cela pourra se reproduire avec la Fédération italienne de football. »  Il est aussi l’un des trois membres italiens du CIO.

Un énorme chantier se dresse devant le dirigeant de 67 ans. L’Italie, quadruple championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006), n’est pas parmi les 48 nations qui participent à la Coupe du monde cet été, comme en 2018 et en 2022. La conséquence de nombreuses défaillances. Malagò doit faire en sorte que le football italien retrouve sa compétitivité, sportive et économique. Cela vaut pour la sélection nationale, mais aussi pour les clubs. Cette année, aucun club italien n’était présent en demi-finales de Coupe d’Europe (Ligue des champions, Ligue Europa, Ligue Conférence). Du jamais vu dans une saison à trois compétitions continentales depuis les années 1980.

Ces dernières semaines, l’Italie a aussi été éclaboussée par un scandale arbitral. La formation des jeunes et la gestion des infrastructures vieillissantes seront d’autres chantiers majeurs pour le nouveau président, d’autant plus dans la perspective de l’Euro 2032, que le pays doit coorganiser. « J’ai déjà discuté avec Michele Uva (directeur exécutif de l’UEFA) et le président Ceferin à l’UEFA. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire mauvaise impression », a confié Malago lundi devant la presse.

« La nouvelle ère devra se fonder sur des objectifs concrets : des équipes nationales compétitives, des clubs pérennes, des jeunes valorisés, des installations modernes, des règles crédibles, une formation qualifiée, une simplification pour la base, des ressources plus équitables, écrivait-il dans son manifeste. Le football italien dispose encore d’une énergie extraordinaire. Il a une histoire, des compétences, un public, des clubs, des entraîneurs, des dirigeants, des arbitres, des joueurs et des territoires. Ces énergies doivent être recentrées autour d’une vision commune. La FIGC est et doit être la maison de tout le football italien : une maison exigeante en matière de règles, proche dans ses services, forte dans ses institutions et ambitieuse pour l’avenir. »