— Publié le 21 juin 2026

L’AMA et l’USADA s’écharpent encore sur le rôle des ONAD

Institutions Focus

Photo : WADA.

Réuni le 16 juin, le comité exécutif de l’Agence mondiale antidopage s’est notamment penché sur la question de l’indépendance opérationnelle des organisations nationales antidopage (ONAD). Le groupe de travail dédié a présenté un rapport contenant 19 recommandations, dont l’une porte sur la nécessité de mettre en place des contrôles indépendants lors des grands événements. Ce qui fait tiquer, notamment aux États-Unis, à deux ans des Jeux de Los Angeles 2028.

Eviter les suspicions de partialité

L’AMA explique que pendant des compétitions comme les Jeux olympiques et paralympiques ou les championnats du monde, « l’ONAD du pays hôte ne participerait plus à l’élaboration du plan de répartition des contrôles, à la sélection des sportifs à contrôler, à certains aspects du prélèvement des échantillons ni à la gestion des résultats. Ces fonctions seraient plutôt assurées par un organisme indépendant et impartial, éliminant ainsi tout risque réel ou perçu de conflit d’intérêts ou de partialité. » Le groupe de travail recommande que ce modèle, déjà privilégié pour les JO, soit appliqué de manière plus large.

L’AMA souligne que les ONAD resteraient impliquées dans le soutien logistique, la coordination avec les forces de l’ordre à des fins de renseignements et d’enquêtes, ainsi que la mise en œuvre de programmes d’éducation. Cette politique permettrait d’éviter les « allégations de partialité de la part du pays hôte, qu’elles soient fondées ou non », affirme le président de l’AMA, Witold Bańka. « Nous avons vu par le passé comment certaines grandes manifestations, et donc les sportifs qui y participaient, ont souffert d’un manque de supervision et d’indépendance dans la mise en œuvre du programme antidopage. La mise en place d’un processus entièrement indépendant contribuera à éviter qu’une telle situation ne se reproduise et garantira un traitement égal pour tous les sportifs, quelle que soit leur nationalité. »

Une initiative « dangereuse » selon l’USADA

Les États-Unis n’ont pas tardé à réagir. Il faut dire qu’ils sont en première ligne au regard du nombre d’événements qui seront organisés sur leur sol dans les années à venir, avec les Jeux olympiques et paralympiques 2028, les Coupes du monde de rugby 2031 et 2033, ou encore les Jeux d’hiver 2034. L’USADA, déjà en conflit avec l’AMA depuis l’affaire des nageurs chinois, s’est vivement opposée à ce modèle. « Mettre de côté les organisations nationales antidopage véritablement indépendantes » représenterait constitue « un dangereux pas en arrière » pour le président de l’USADA, Travis Tygart, qui a réagi dans un communiqué.

« Les athlètes propres, les supporters et le public méritent une véritable indépendance, une véritable responsabilité et un système qui les protège — et non un système qui protège le sport de tout contrôle et l’organisme mondial de lutte contre le dopage de toute obligation de rendre des comptes », lâche-t-il. Au passage, Travis Tygart s’est permis de rappeler « l’incapacité de l’AMA et de World Aquatics à faire respecter les règles obligatoires dans les 23 cas de natation chinois », histoire de décrédibiliser cette idée.

Sara Carter, directrice du Bureau de la politique nationale de contrôle des drogues (ONDCP), a exprimé le même point de vue. « La participation solide et dynamique des agences antidopage nationales à l’écosystème antidopage revêt une importance particulière pour les États-Unis, alors que nous nous efforçons de garantir les Jeux olympiques et paralympiques les plus propres de l’histoire », a-t-elle écrit dans une lettre ouverte. Ce n’est assurément pas demain la veille que l’AMA et l’USADA seront sur la même longueur d’onde.