— Publié le 14 avril 2026

L'étau se desserre autour de la Russie et de la Biélorussie, réintégrés par World Aquatics

Institutions Focus

La digue s’effrite, semaine après semaine, sous l’effet de l’érosion. Lundi, World Aquatics a annoncé un changement de politique à l’égard des nageurs russes et biélorusses : ils peuvent désormais concourir dans les mêmes conditions que les athlètes des autres nationalités, avec leur drapeau et leur hymne. Une décision pas vraiment surprenante au regard des derniers mois, au cours desquels beaucoup de fédérations internationales ont choisi de réintégrer les bannis et de passer à autre chose.

« Que les piscines restent des lieux où toutes les nations peuvent se retrouver »

World Aquatics avait déjà fait sauter les restrictions imposées aux juniors. Désormais, les seniors sont aussi libérés des contraintes liées au cadre de compétition des athlètes neutres. « Au cours des trois dernières années, World Aquatics et l’AQIU (l’unité d’intégrité) ont contribué avec succès à faire en sorte que les conflits restent en dehors des sites de compétition. Nous sommes déterminés à faire en sorte que les piscines et les eaux libres restent des lieux où les athlètes de toutes les nations peuvent se retrouver pour s’affronter dans un esprit de paix », a déclaré Husain Al Musallam, président de World Aquatics.

La FI précise que les athlètes russes et biélorusses ne seront autorisés à concourir qu’à la condition d’avoir passé avec succès au moins quatre contrôles antidopage effectués en partenariat avec l’Agence internationale de contrôle (ITA). Leurs antécédents seront aussi vérifiés par l’AQIU. Les athlètes qui respectent ce cadre pourront donc se jeter à l’eau aux Championnats d’Europe, cet été, à Saint-Denis, aux Championnats du monde à Budapest en 2027, et évidemment aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

Une tendance générale à l’assouplissement

Après quatre ans de guerre, le temps n’est plus à la fermeté chez les instances sportives. Le comité exécutif de World Climbing a levé la suspension des fédérations russe et biélorusse il y a quelques semaines. La Fédération équestre internationale autorise la participation des athlètes russes et biélorusses aux compétitions par équipe, sous un drapeau neutre, depuis le 1er janvier. Elle a également donné son feu vert pour l’organisation d’événements en Biélorussie. D’autres sont allées plus loin, notamment la fédération internationale de judo : dès novembre, elle avait décidé de réintégrer pleinement les judokas russes et bélarusses.

Le tout puissant président de la FIFA Gianni Infantino a publiquement plaidé pour un retour de la Russie sur Sky Sports, estimant que la suspension n’avait « rien apporté », si ce n’est « davantage de frustration et de haine ». « La FIFA ne devrait jamais interdire à un pays de jouer au football à cause des actions de ses dirigeants politiques », a-t-il clamé. L’été dernier, une lettre du président de la Fédération internationale de handball, Hassan Mustafa, soulignait « l’importance de la participation des équipes russes et biélorusses aux compétitions internationales ». Le dirigeant aurait parlé avec le CIO d’un « scénario pour le retour éventuel des équipes nationales de Russie et de Biélorussie ».

En décembre, le CIO avait lui-même recommandé le retour des Russes et des Biélorusses dans les catégories juniors. Un certain nombre de FI ont suivi, à l’image de l’Union internationale de pentathlon moderne, qui a également levé les restrictions de compétitions en Biélorussie.