— Publié le 1 mars 2026

Le ski-alpinisme reviendra-t-il aux Jeux olympiques d'hiver en 2030 ?

Alpes françaises 2030Milan-Cortina 2026 Focus

Les nouveaux sports sont rares aux Jeux olympiques d’hiver. Le ski-alpinisme jouait donc gros lors des Jeux de Milan-Cortina 2026, d’autant plus que le comité d’organisation des Jeux d’hiver 2030 est en pleine réflexion sur son propre programme. Au moment de faire le bilan, la Fédération internationale (ISMF) voit le verre à moitié plein, même si des critiques légitimes ont été formulées sur le sprint.

L’attention du public malgré des critiques

Pour cette grande première, le ski-alpinisme était représenté par 36 athlètes et deux formats de course : le sprint et le relais mixte. Le sprint a suscité un certain scepticisme : seulement trois minutes de course, trop d’importance donnée aux manipulations, peu de dépassements… Comme d’autres de ses collègues, le Britannique Iain Innes s’est montré très critique à l’égard de ce format auprès de The Independent en comparant les athlètes à « des hamsters courant de haut en bas ». Il ne mâche pas ses mots : « Les gens ne regardent pas une course de ski-alpinisme par hasard. Ceux qui regardent sont des fans, et les fans de ski alpinisme ne regarderont jamais un sprint, car ce n’est tout simplement pas du ski-alpinisme. » Tout en reconnaissant que l’intégration aux Jeux olympiques a « ouvert de nombreuses possibilités de financement » et que « sans les Jeux, il n’y aurait pas d’équipe britannique, pas de GB Skimo ».

« Voir nos athlètes concourir sur la scène olympique a confirmé la maturité technique, la crédibilité et la portée mondiale du ski alpinisme », estime Regula Meier, la présidente de l’ISMF. Le ski-alpinisme fait partie des sports avec le plus gros pourcentage de billets vendus, et les audiences ont confirmé l’intérêt du public. Programmé le samedi, le relais mixte a attiré jusqu’à 5,3 millions de téléspectateurs sur France Télévisions (45% de parts d’audience) et 2,19 millions en Italie (15,18 % de part d’audience). Des scores prometteurs ont aussi été réalisés en Suisse par la SRF avec une audience moyenne de 421.000 téléspectateurs (65,2 % de part d’audience) pour le relais. Un indicateur forcément surveillé par le CIO et par le COJOP des Alpes françaises 2030.

©CNOSF/KMSP

L’individuel ajouté en 2030 ?

L’ISMF espère maintenant s’installer dans la durée, en ajoutant l’individuel, un format plus long (autour de 50 minutes de course chez les hommes, une heure chez les femmes) qui avait déjà figuré aux JOJ de Lausanne 2020 et qui traduit davantage l’essence du ski-alpinisme. « Je rêve que l’épreuve individuelle soit intégrée à l’avenir et que l’on puisse accueillir plus d’athlètes », confie le Suisse Jon Kistler, médaillé d’argent lors du relais mixte, en étant conscient qu’être aux Jeux est déjà une immense chance. « Mon but est d’abord que notre sport reste au programme en 2030. Tout ce qui viendra en plus sera un cadeau pour nous. »

Le comité d’organisation des Jeux 2030 a manifesté un certain intérêt à l’idée de conserver le ski-alpinisme. Il devra désormais arbitrer. Dans cette perspective, les trois médailles obtenues par les Français sont assurément une aubaine. Amélie-Oudéa Castéra, présidente du CNOSF, ne s’en est pas cachée sur France 2 : « On a vu Thibault Anselmet, Emily Harrop, qui sont allés chercher l’un le bronze, l’autre l’argent, et qui là ont cette médaille d’or (sur le relais mixte). C’est un pilier, demain, on va essayer de faire en sorte que le ski-alpinisme s’ancre vraiment parmi les disciplines olympiques. On aura là une matière très forte, qui peut nous permettre de performer au plus haut niveau. » Et l’on sait que pour avoir des Jeux réussis en 2030, il faudra que l’équipe de France obtienne des médailles.