Munich ne sera pas seule. Le référendum organisé en Rhénanie-du-Nord-Westphalie a donné lieu à un net soutien à une candidature pour les Jeux olympiques et paralympiques 2036, 2040 ou 2044. Quatre millions de citoyens étaient invités à se prononcer dans 17 communes de la région, dont Cologne, point central du projet. Au total, 1,4 millions de personnes ont participé, soit 32% du collège électoral, et le oui l’a emporté à plus de 60%.
Jusqu’à 76,29 % de votes favorables à Aix-la-Chapelle
Le « Ja » l’a emporté confortablement dans toutes les villes concernées. À Dortmund, le « oui » l’a emporté à 68,27%. Le score était encore supérieur à Duisbourg (72,95%), à Wuppertal (72,2%), à Mönchengladbach (74,45%), à Gelsenkirchen (74,19%), à Recklinghausen (72,85%) ou à Aix-la-Chapelle (76,29 %). « Ce résultat envoie un signal fort, s’est félicité Stephan Keller, maire de Düsseldorf, où le oui a atteint 67,24%. Ce mandat clair est à la fois un encouragement et un engagement. Il s’agit maintenant de franchir la prochaine étape avec nos villes partenaires pour des Jeux durables, modernes et responsables. Nous misons sur les infrastructures existantes, la proximité des sites et une planification concertée avec la population locale. »
En dehors de la région, Kiel, en course pour accueillir les épreuves de voile, a aussi dit oui à 63,5 %, avec un taux de participation de 29,1%. La ville pourrait donc vivre une troisième expérience olympique après 1936 et 1972. Le suspense a duré une bonne partie de la soirée à Cologne, où le oui a fini par se dégager de manière franche : 57,39% des votants ont soutenu la candidature, et la participation a atteint 39,7%. Le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Hendrik Wüst, s’est exprimé avant même la fin du dépouillement pour saluer « un oui retentissant » en faveur des Jeux olympiques et paralympiques : « Faire confiance au peuple a porté ses fruits. La participation est tellement exceptionnelle que le comptage se poursuit encore ici et là. »
Une ombre au tableau tout de même : le quorum n’a pas été atteint à Herten, pressentie pour accueillir le VTT. Le oui était largement majoritaire (73,79%), mais la participation n’a pas été suffisante (12,55%, alors que le minimum requis était de 15%). La commune de la Ruhr sort donc de l’équation, ce qui obligera à trouver une alternative d’ici le mois de juin. « Nous sommes face à un dilemme. Le nombre de partisans à Recklinghausen est sans équivoque : les habitants de notre ville veulent les Jeux olympiques. Cependant, la question était liée à une coopération avec Herten, qui n’est plus possible. Pour la municipalité, le résultat de Recklinghausen constitue néanmoins un mandat clair pour continuer à soutenir la candidature olympique conjointe de la région », a commenté le maire de Recklinghausen, Axel Tschersich.
Au tour de Hambourg en mai
Au-delà de ce couac, le discours des autorités sur l’intérêt d’une candidature a été entendu, ce qui donne évidemment de l’épaisseur au dossier de la région. Ces Jeux reposeraient sur des infrastructures sportives 100 % existantes ou temporaires, et la plupart des sites se trouvent dans un rayon de 40 kilomètres autour de Cologne. 95 % des athlètes vivraient dans le village olympique et pourraient rejoindre leur lieu de compétition en moins d’une heure. Des garanties ont aussi été présentées concernant le prix des billets, dans un contexte où ceux de Los Angeles 2028 font énormément parler.
« La passion pour le sport, toujours palpable entre le Rhin et la Ruhr et le long de la côte baltique, se reflète dans ces résultats électoraux, se réjouit Thomas Weikert, président de la Confédération allemande des sports olympiques (DOSB). Le succès des référendums en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et à Kiel est un signe clair de soutien au mouvement olympique en Allemagne et, espérons-le, un signal encourageant pour le vote à venir à Hambourg le 31 mai. Après Munich au sud, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie à l’ouest et Kiel au nord ont désormais obtenu leur soutien. Le constat est sans appel : l’enthousiasme pour les Jeux olympiques et paralympiques en Allemagne n’est pas un phénomène régional. »
Parmi les quatre candidats allemands, deux ont donc passé l’étape du référendum avec succès. Les habitants de Hambourg seront consultés le 31 mai. En revanche, Berlin n’a pas prévu de vote, mais prévoit un certain nombre de moments d’échange avec la population pour s’assurer de prendre en compte ses remarques. La DOSB devra choisir son poulain fin septembre.

