— Publié le 28 juin 2026

Le CIO prêt à répondre aux questions des CNO sur les tests de féminité

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Le CIO avait promis de dissiper les doutes en temps voulu. Ce lundi, un webinaire a justement lieu pour les CNO. Il revêt un enjeu tout particulier puisqu’il portera sur la mise en œuvre de la nouvelle politique relative à la protection de la catégorie féminine. Ce webinaire permettra aux Comités nationaux olympiques de « poser autant de questions qu’ils ont besoin » sur les fameux tests de féminité que le CIO imposera à partir des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Une initiative bienvenue, puisqu’un certain nombre de questions restent justement en suspens.

Des contacts « très positifs » avec les CNO

Le 7 mai, suite à la dernière réunion de la commission exécutive, Kirsty Coventry a confirmé que cette politique s’appliquerait à partir des Jeux de Los Angeles, et pas aux épreuves de qualification qui se dérouleront avant, pour laisser le temps à toutes les parties prenantes de s’organiser. Interrogé sur les Olympic Q-Series, Pierre Ducrey a signalé qu’elles relevaient « de la responsabilité des fédérations internationales concernées », à savoir la FIBA, la FIVB, l’UCI, World Climbing, l’IFAF et World Skate. « Il leur appartiendra, pour chaque compétition, de décider si elles appliquent cette politique avant les Jeux de Los Angeles ou pour les Jeux eux-mêmes », a commenté le directeur des sports du CIO.

Les contacts avec les Comités nationaux olympiques « ont été très positifs vis-à-vis de la politique du CIO », ajoutait James Macleod, directeur des relations avec les CNO, précisant avoir eu « des discussions directes avec le CNOSF et certains CNO comme la Norvège ». La France et la Norvège sont en première ligne sur ce sujet puisque dans les deux pays, les tests de féminité sont interdits par la loi dans ce cas de figure.

Qui va payer ?

La France se montre la plus hostile à cette nouvelle politique, notamment par la voix de la ministre des Sports Marina Ferrari. Elle regrette une systématisation, estimant qu’une gestion au cas par cas, selon les spécificités de chaque sport, serait plus pertinente. « Même si le CIO s’en défend, cette décision constitue une forme de discrimination entre hommes et femmes parce qu’on ne va pas demander à tous les hommes de prouver qu’ils sont bien hommes, explique-t-elle à L’Equipe. Je pose aussi la question : qui va payer le test ? Le CIO ? Je ne pense pas. La Fédération internationale ? Je ne pense pas non plus. La Fédération nationale ? Pas plus. L’État ? Non, puisqu’il est illégal de pratiquer des tests génétiques en France sauf à des fins médicales, judiciaires ou de recherche scientifique. Au bout du bout, je crains que ce ne soit l’athlète qui doive payer et cela me pose un problème ! »

Le test n’est à réaliser qu’une fois, mais « cela représente plusieurs centaines d’euros ». Pour la ministre, « c’est là aussi une forme de discrimination, notamment quand on connaît les difficultés économiques de certains sportifs aujourd’hui ». Elle s’interroge également sur l’accompagnement d’une athlète « qui découvrirait qu’elle porte une anomalie génétique en recevant son test ». L’an passé, certaines athlètes françaises avaient dû passer ce test à l’étranger, juste avant les Championnats du monde d’athlétisme, à Tokyo, et les Championnats du monde de boxe, à Liverpool. Aucune n’avait finalement pu monter dans le ring an Royaume-Uni à cause d’un problème de délai de traitement de ces tests.

La Norvège affiche davantage de souplesse. Le CNO norvégien a salué la décision du CIO et le Conseil de la biotechnologie, saisi suite aux difficultés posées par le changement de politique de World Athletics et Word Boxing, a recommandé de faire évoluer la loi. « Onze de ses quinze membres estiment que les tests génétiques de détermination du sexe devraient être autorisés en Norvège, même sans finalité médicale. Une minorité de quatre membres du Conseil estiment qu’il ne faut pas modifier la loi actuelle », confiait Marianne Aasen, présidente du Conseil de biotechnologie, le 19 février. Charge désormais aux responsables politiques de se saisir du dossier.

Fin mai, le CIO a mis à jour sa FAQ dédiée au sujet en donnant des réponses à plusieurs questions complémentaires. L’occasion de rappeler que « la politique s’applique uniquement aux Fédérations Internationales ayant une catégorie féminine », que « les Fédérations Internationales et les instances dirigeantes sportives devront établir elles-mêmes, selon le cas, les modalités de leurs programmes respectifs », et de préciser que les athlètes transgenres ne sont pas exclus des événements organisés par le CIO et qu’ils peuvent concourir « dans la catégorie qui correspond à leur sexe biologique ». Les questions demeurent en suspens pourront être mises sur la table ce lundi, pour donner plus de visibilité à toutes les parties concernées.