Institutions - 29/05/2018

Le sport russe appelé aux urnes pour choisir un patron

Une page se tourne dans le sport russe. Elle n’a pas été la plus glorieuse. Alexander Zhukov, le président du comité national olympique (ROC), rendra très officiellement les clefs de son bureau ce mardi 29 mai. Il renonce à un nouveau mandat. Une décision qu’il avait annoncée lui-même, au tout début du mois de mai, suggérant que la fonction présidentielle n’était plus compatible dans le contexte actuel avec son activité de député au Parlement russe.

Qui lui succédera? La réponse est annoncée dans les heures à venir. Deux hommes se présenteront devant les délégués des fédérations nationales, au siège du ROC à Moscou, pour tenter d’obtenir leurs suffrages. Deux olympiens rompus aux règles et aux usages du mouvement sportif.

Dans le rôle du favori: Stanislav Pozdnyakov (photo ci-dessus, à droite). Quarante-quatre ans, un passé d’escrimeur doré sur tranche, quatre fois champion olympique, dont une fois en individuel, aux Jeux d’Atlanta en 1996. Son arme: le sabre. Il est l’actuel numéro 2 du comité national olympique. Un vice-président a priori tout désigné pour monter d’un cran. Stanislav Pozdnyakov a été nominé par plus de 30 fédérations nationales pour se présenter à la succession d’Alexander Zhukov. Il dirigeait la délégation des « Athlètes olympiques de la Russie » aux Jeux d’hiver de PyeongChang 2018.

L’outsider: Alexander Popov (à gauche sur la photo). L’une des légendes de la natation mondiale, 46 ans, seul nageur de l’histoire ayant conservé ses titres olympiques sur 50 et 100 m nage libre (Barcelone 1992 et Atlanta 1996). Alexander Popov a été membre du CIO pendant 16 ans, au titre de la commission des athlètes. Une longévité qui lui vaut aujourd’hui un statut de membre honoraire. Il a été nominé par la fédération russe de tir pour l’élection présidentielle de ce mardi 29 mai.

Sur le papier, Stanislav Pozdnyakov mène la course. Il semble bénéficier d’un soutien plus massif du mouvement sportif russe. Il incarne une forme de continuité après les années Zhukov. Une force et une faiblesse à la fois. En face, Alexander Popov apparaît comme un choix alternatif, à la stature internationale plus marquée.

Les deux hommes ont accordé, l’un après l’autre, une interview à Sport Express. Elles révèlent un dénominateur commun: l’urgence de remettre la Russie à sa place sur l’échiquier du mouvement olympique. Stanislav Pozdnyakov se montre plus conservateur. Il assure vouloir construire sur l’héritage d’Alexander Zhukov, tout en promettant des changements dans l’organisation du comité national olympique. Il dénonce les « contradictions » du rapport McLaren. Il incarne à dessein une forme de continuité.

A l’opposé, Alexander Popov se pose en candidat du changement. Logique. L’ancien nageur s’interdit d’annoncer un révolution, mais il propose de reconstruire la maison du sol au plafond, sans perdre de vue l’objectif de retrouver grâce au yeux du CIO et du mouvement olympique international. Sans l’avouer, Alexander Popov compte sur son charisme et son image pour inverser la tendance, avant le vote, au moment des présentations.

Seule certitude: la Russie comptera dans les prochaines heures un membre de moins au CIO. En abandonnant son fauteuil présidentiel, Alexander Zhukov se délestera également de son statut de membre de l’institution. Stanislav Pozdnyakov a confié à Sport Express qu’il travaillait déjà à son remplacement, sans préciser s’il envisageait d’endosser le rôle ou de le confier à un autre. A Alexander Popov, par exemple. Une façon de faire deux gagnants, stratégie très en vogue actuellement dans le mouvement olympique.

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