Événements - 29/03/2018

Paris 2024 et le CIO, sérénité et intérêts communs

Jusque-là, tout va bien. Telle est, en substance, la conclusion de la « revue de projet » menée conjointement par le comité d’organisation des Jeux de Paris 2024 et par le CIO, depuis mercredi 28 mars, dans la capitale française. Une journée et demie de réunions et d’échanges, le nez dans les dossiers, bouclée dans les deux camps avec le sourire aux lèvres. Et ces deux mots: confiance et sérénité.

Soyons clairs: tout autre scénario aurait été perçu comme l’annonce d’un séisme. Six mois et une poignée de jours se sont écoulés depuis la désignation de Paris comme ville-hôte des Jeux de 2024. Le COJO a tenu un seul conseil d’administration. Il en est seulement à débuter sa première phase de recrutement. Il n’a pas été donné un seul coup de pioche sur les futurs chantiers des Jeux, villages des athlètes et des médias, centre aquatique. Bref, la préparation des Jeux commence à peine.

Il n’empêche, ces trois demi-journées de boulot, destinées à préparer la venue de la commission de coordination du CIO les 18 et 19 juin 2018 à Paris, ont permis de confirmer que les deux « partenaires » étaient sur la même longueur d’ondes. Le COJO veut tenir son budget et ses délais. Le CIO souhaite une maîtrise rigoureuse des coûts. Pour Tony Estanguet et son équipe, il s’agit de rester dans les clous, sous peine de voir l’Elysée, Matignon, les parlementaires et l’opinion publique les bombarder de critiques sur le ton de « on vous l’avait dit ». Au CIO, il est question de redonner aux Jeux une image moins dispendieuse.

Les intérêts des uns rejoignent les impératifs des autres. Tant mieux. Côté CIO, le Belge Pierre-Oliviers Beckers, président de la commission de coordination, a expliqué: « Je suis sûr qu’il y aura des moments difficiles, mais pour le moment les signaux sont au vert. Je suis serein et rassuré. Les journées de travail nous ont confortés dans la qualité des équipes de Paris 2024 et de ses partenaires. Nous avons passé en revue tous les aspects essentiels du projet à ce stade. Tous les objectifs ont été atteints et les plans d’action pour les mois à venir sont parfaitement clairs. »

Même ton empreint de sérénité dans le camp de Paris 2024. Tony Estanguet avoue ne pas vouloir se précipiter. Il explique souhaiter profiter de cette « phase d’ajustements » pour se donner du temps avant de « prendre les bonnes décisions d’ici à la fin de l’année. » Le président du COJO résume: « Paris 2024, les parties prenantes engagées et le CIO partagent une même ambition : proposer des Jeux de référence qui allient une célébration spectaculaire, populaire et accessible, dans un cadre budgétaire maîtrisé et responsable. Le partenariat entre Paris 2024 et le CIO est fort et nos équipes travaillent main dans la main dans un esprit de co-construction extrêmement positif. »

L’entente est cordiale, donc. Jusqu’où? L’avenir répondra. Mais les deux « partenaires » devront rapidement trancher une question piège: le village des athlètes. Dans son dossier de candidature, Paris 2024 avait vu grand, avec 17 000 lits, un chiffre répondant au cahier des charges du CIO. Depuis, un rapport commandé par le gouvernement a pointé des risques de dépassements de coûts et de délais.

Du coup, l’heure est déjà au pédalage arrière. Pierre-Olivier Beckers l’a expliqué dès mercredi: « Le cahier des charges était en effet établi sur 17 000 lits, mais nous réfléchissons en temps réel aux besoins auxquels nous devons faire face. Il y aura peut être des adaptations, mais il est trop tôt pour sortir des chiffres. » La tendance irait à une réduction du projet, au risque de contraindre les délégations à déplacer leurs athlètes dans des hôtels voisins une fois leur épreuve terminée.

Une telle option aurait pour mérite de coller d’encore plus près à la « Nouvelle norme » présentée par le CIO à l’occasion des Jeux d’hiver de PyeongChang. Un vaste plan riche de plus de 100 points, censé aider les organisateurs des Jeux à tailler à coups de serpe dans leurs dépenses. Mais en réduisant la taille du village, Paris 2024 en limiterait également l’héritage pour les populations de la Seine-Saint-Denis. L’héritage, un mot inscrit en lettre capitales dans la vision de Paris 2024.

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