Candidatures - 27/03/2018

« L’Europe aurait de très bonnes chances pour 2026 »

J – 4 pour les villes intéressées par une candidature aux Jeux d’hiver 2026. Elles doivent envoyer, au plus tard samedi 31 mars, un courrier au CIO exprimant leur intérêt pour participer à la campagne.

Après le retrait d’Innsbruck et du Tyrol, en fin d’année passée, l’Autriche semblait exclue de la course. Mais un nouveau projet est sorti de terre en début d’année, porté par la ville de Graz et la station de Schladming. Karl Stoss, le président du comité olympique autrichien (photo ci-dessous), par ailleurs membre du CIO, en a expliqué à FrancsJeux les contours et les enjeux.

FrancsJeux: A quelques jours de l’échéance du 31 mars fixée par le CIO, où en est la candidature autrichienne pour les Jeux d’hiver en 2026 ?

Karl Stoss: Nous avions essayé avec le Tyrol. Le dossier était bon, l’environnement favorable. Mais le public a dit non. Il faut l’accepter. La cause semblait perdue, mais les maires de Graz et de Schladming se sont concertés pour essayer à leur tour. Ils sont venus nous voir, au comité national olympique. Nous leur avons expliqué que nous serions derrière eux s’ils obtenaient le soutien des gouvernements de Styrie et de l’Autriche. Nous soutenons leur projet. Nous allons écrire au CIO pour lui exprimer notre souhait de poursuivre le processus de candidature.

N’avez-vous pas l’impression de partir un peu trop tard ?

Non. A ce stade du processus, il s’agit seulement de manifester un intérêt. Nous allons le faire. La lettre d’intention que nous allons envoyer au CIO ne réclame ni budget ni dispositif. Nous aurons ensuite jusqu’au mois de septembre 2018 pour avancer sur notre projet, présenter un budget, proposer un concept. Le CIO décidera ensuite, lors de la session de Buenos Aires en octobre, quelles villes sont retenues pour entrer dans la véritable phase de candidature. Nous avons donc assez de temps devant nous.

A quoi ressemble le projet proposé par Graz et Schladming ?

Il répond aux exigences de l’Agenda 2020. Schladming est très populaire pour le ski alpin, notamment avec son slalom nocturne. Graz serait la ville-hôte. Le ski nordique pourrait être organisé à Bischofshofen, le patinage à Inzell, peut-être pourrions nous utiliser la piste de Königssee pour le bobsleigh, la luge et le skeleton.

A la différence de Sion et Calgary, par exemple, l’équipe de Graz n’était pas présente aux Jeux de PyeongChang. Pourquoi ?

Il était trop tôt. Nous leur avons expliqué qu’il était plus important d’entamer des discussions avec les gouvernements. Ils pourront ensuite, le moment venu, parler avec les membres du CIO, à Lausanne ou ailleurs.

Les discussions avec les autorités politiques vont-elles dans le bon sens ?

Je crois, oui. Le projet est cohérent. Surtout, il n’engage pas beaucoup de dépenses. En Autriche, nous disposons déjà de la majorité des équipements nécessaires. Il faudrait construire une patinoire de hockey sur glace, mais elle se fera avec ou sans les Jeux. Il faudrait également prévoir la construction d’un village olympique, mais la ville de Graz, la deuxième plus importante en Autriche, connaît actuellement un fort développement. Elle a besoin de nouveaux logements.

Avez-vous profité des Jeux de PyeongChang pour sonder le sentiment du CIO par rapport à une candidature autrichienne ?

Sur une candidature autrichienne, non. Mais le CIO ne cache pas son intérêt et son souhait de voir les Jeux revenir dans un pays traditionnel des sports d’hiver. Après trois éditions en Asie, je pense que l’Europe aurait de très bonnes chances de l’emporter pour 2026.

Comment analysez-vous le non de la population du Tyrol, l’an passé, lors du référendum sur les Jeux de 2026 ?

Je dois dire que sur le moment le non au référendum m’a surpris. Mais ses raisons sont nombreuses. Les gens n’ont pas voulu d’un surplus de trafic routier. Surtout, je crois que le Tyrol n’a pas senti l’intérêt d’organiser les Jeux olympiques. La région est déjà très fournie en hôtels et en équipements sportifs. Sa fréquentation touristique est excellente. Au Tyrol, les gens n’en veulent pas plus.

La situation est différente à Graz ?

Complètement. La Styrie n’est pas une région aussi connue que le Tyrol. Les Jeux d’hiver pourraient contribuer à la faire mieux connaître.

Un référendum sera-t-il organisé sur le projet olympique, comme il l’avait été pour la candidature d’Innsbruck et du Tyrol ?

A priori, non. Il a été dit aux maires de Graz et de Schladming qu’ils avaient été élus par la population. Ils ont donc été choisis par les électeurs pour les représenter. L’élection leur a attribué cette responsabilité.

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