Candidatures - 25/09/2017

Mondial de rugby 2023, un grand oral et des questions

Septembre, le mois du grand oral. Douze jours après le CIO, une autre organisation sportive internationale, World Rugby, auditionne ce lundi matin les candidatures à un événement planétaire, la Coupe du Monde 2023.

Entre les deux exercices, un point commun: la France. Mais pour le reste, tout distingue le grand oral olympique de la présentation rugbystique. A Londres, deux autres pays sont en course, l’Irlande et l’Afrique du Sud. Il ne sera pas question d’une double, voire triple, attribution. La décision ne sera pas prise dans la foulée, mais le 15 novembre prochain, après une recommandation de World Rugby attendue pour le 31 octobre.

Ce lundi 25 septembre, la France, l’Irlande et l’Afrique du Sud se présenteront dans cet ordre devant l’instance du rugby mondial. Pour chacune des équipes de candidature, une cinquantaine de minutes pour faire briller son dossier. Qui l’emportera? Pour Sébastien Chabal, l’un des ambassadeurs du projet français, la France « ne peut pas perdre ». OK. Mais les choses ne sont pas si simples. Surtout, les trois mastodontes du ballon ovale présentent chacun assez d’arguments pour rafler la mise.

France

Les Français, arrivés dès la veille dans la capitale anglaise, ont soigné les détails. Dans la foulée de Paris 2024, l’équipe de France 2023 espère marquer des points grâce à une présentation aux petits oignons. Certes, Dan Carter n’a pas fait le voyage. Il avait été pressenti. Certes encore, Emmanuel Macron s’est lui aussi fait porter pâle. Le président français a même renoncé à enregistrer une vidéo de soutien, comme il l’avait fait pour la candidature olympique de Paris, le 13 septembre à Lima.

Mais les Français espèrent frapper aussi fort en faisant monter à la tribune, parmi les cinq intervenants, un certain Dhyreille Lomu, 7 ans, le plus jeune des deux fils de Jonah Lomu, la légende du rugby All Black, disparu le 18 novembre 2015. Il prendra parole pour raconter l’attachement de son illustre père pour la France et son rugby.

Les points forts du dossier français: l’héritage de l’Euro 2016 de football, avec des stades neufs ou rénovés; la promesse toujours très écoutée d’un versement à World Rugby d’une redevance de 150 millions de livres (169 millions d’euros), au lieu des 120 millions exigés; l’expérience des grands événements internationaux.

Son point faible: l’affaire Laporte. Le président de la Fédération française de rugby (FFR) est fragilisé par des soupçons de conflit d’intérêt avec le club de Montpellier et son président, le chef d’entreprise milliardaire Mohed Altrad.

Reste une question: l’effet Paris 2024. Les élus de World Rugby seront-ils réticents à confier à la France un événement d’une telle ampleur une année seulement avant les Jeux? Ou, au contraire, se laisseront-ils tenter de jouer à fond l’effet d’entraînement que les JO pourraient avoir sur le Mondial 2023?

Irlande

La Fédération irlandaise de rugby (IRFU) entend bien rivaliser, pour ce grand oral londonien, avec une présentation française annoncée percutante. Dans ses malles, l’ancien joueur Brian O’Driscoll, les chanteurs Bono et Bob Geldof, l’acteur Liam Neeson. L’Irlande qui s’exporte. Très fort.

Ses points forts? L’argent, elle aussi. L’IRFU a promis à World Rugby un excédent financier qui dépasserait, selon ses prédictions, le montant record engrangé par les Anglais avec la Coupe du Monde 2015. Elle n’a jamais organisé le Mondial, malgré la passion dévorante du pays pour le ballon ovale. Son lobbying aurait été très performant. Sa candidature insiste sur le moteur de développement que pourrait constituer le Mondial sur le continent nord-américain, où la diaspora irlandaise compte près de 40 millions de personnes.

Faiblesse: son réseau de transports, annoncé comme le point noir de la candidature.

Afrique du Sud

Face aux deux pays européens, l’Afrique du Sud se veut la représentante de l’hémisphère sud. La Fédération sud-africaine de rugby (SARU) espère profiter de la concurrence de ses deux rivales pour dépasser tout le monde sur le fil, après trois échecs successifs (2011, 2015 et 2019). Ses arguments: le potentiel touristique de l’Afrique du Sud, des stades construits pour Mondial de football 2010, une bonne capacité hôtelière et un climat idéal en automne, pendant le tournoi. Le dossier sud-africain prévoit de reverser à World Rugby une redevance de 160 millions de livres (180 millions d’euros), la plus élevée des trois candidatures.

Ses points faibles: le contexte socio-politique difficile, illustré par la réticence du gouvernement à apporter son soutien à la candidature. Enfin, l’Afrique du Sud s’est récemment retirée de l’organisation des Jeux du Commonwealth 2022, initialement attribués à Durban. Pas l’idéal au moment de prétendre recevoir le monde de l’Ovalie.

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