— Publié le 14 mai 2026

Marie Barsacq défend la candidature de Paris pour le hockey sur glace : « Nous sommes confiants, même si nous sommes challengers ! »

Alpes françaises 2030Interview Focus

 

Le comité d’organisation des Alpes françaises 2030 s’est mis en quête d’une solution de repli pour le hockey sur glace suite à la défaillance du projet niçois. Plusieurs options sont à l’étude, dont Lyon, avec la LDLC Arena, et Paris. Quels sont les arguments de la capitale ? Marie Barsacq, directrice générale de Paris Entertainment Company, qui exploite notamment la LDLC Arena et l’adidas Arena, répond aux questions de Francs Jeux.


Quand avez-vous commencé à penser à l’éventualité d’accueillir des épreuves des JO d’hiver à Paris ?

À l’invitation du président de la Fédération internationale, Luc Tardif, pour la petite finale et la grande finale du tournoi olympique féminin, à Milan-Cortina. J’adore les Jeux, donc je suivais le dossier des Alpes françaises 2030 et la situation de Nice, qui était suspendue aux élections municipales. En étant in situ, dans l’Arena, dans l’ambiance des Jeux, je me suis dit qu’on avait une carte à jouer si Nice ne pouvait plus accueillir les tournois de hockey. Notamment parce que nous avons une patinoire pérenne dans l’Arena : la fosse de Bercy est au-dessus d’une patinoire. En quatre jours, l’Arena devient une patinoire aux meilleurs standards. Nous avons aussi une patinoire, ouverte au grand public tous les jours, qui pourrait être utilisée pour l’entraînement pendant les Jeux. Elle est aux standards des sites d’entraînement et nous avons un club résident, les Français volants. C’est un autre avantage significatif, on n’a pas besoin de construire une patinoire d’entraînement éphémère.

Votre carte, c’est l’Accor Arena ? Pas l’adidas Arena ?

Nous avons étudié l’accueil des filles à l’adidas Arena, malheureusement, les dimensions de l’Arena ne sont pas suffisantes. Il manque quatre mètres pour répondre au cahier des charges de la Fédération internationale. On ne peut pas accueillir de compétition à l’adidas Arena, en revanche, on travaille sur la proposition d’un site temporaire pour l’accueil de la compétition féminine. L’adidas Arena pourra être mobilisée comme un site d’entraînement. Elle accueille Disney sur glace tous les ans donc on peut mettre une patinoire à l’adidas Arena.

Donc vous ne pensez pas uniquement au hockey masculin, vous proposez une solution globale ?

Oui, bien sûr. Quand nous avons adressé une candidature spontanée, nous avions proposé les garçons à l’Accor Arena et les filles à l’adidas Arena. Entre-temps, avec le COJOP, nous avons procédé au métrage et nous avons constaté que l’adidas Arena répondait aux exigences de compétitions nationales, mais pas à celles du CIO. Nous avons eu la même visite à l’Accor Arena, qui a validé la patinoire et la patinoire d’entraînement.

Où serait installée le site temporaire pour les matchs féminins ?

On est en train d’y réfléchir, on regarde ça avec la mairie de Paris. On regarde quel serait le meilleur compromis entre la sobriété énergétique et financière et la qualité de l’accueil du tournoi féminin, parce que l’on souhaite un écrin magique. On déposera une candidature dans les prochains jours.

Quels échanges avez-vous avec le COJOP ?

Nous avons répondu au cahier des charges. Ils nous ont demandé des précisions, que nous avons données mardi. Nous sommes toujours dans ce processus. Le premier courrier du COJOP ne concernait que le tournoi garçons. On leur a proposé de travailler sur le tournoi des filles, ils nous ont dit « ok », aujourd’hui même (mercredi), donc on y travaille pour faire une proposition.

En termes de capacité, quelle serait votre proposition, pour les garçons et pour les filles ?

Pour les garçons, ce sont les chiffres que nous allons proposer pour le Championnat du monde 2028. On a une jauge de 14.000 places en billetterie. Nous avons aussi des zones d’hospitalité, loges et salons, assez importantes : plus de 3.000 m², ce qui permet d’accueillir 2.500 VIP par session. Ce sont des chiffres assez intéressants puisque, vous le savez, les recettes du hockey représentent en général 60% de la recette billetterie des Jeux. Pour l’équilibre financier du comité d’organisation, avoir une Arena avec le maximum de billetterie et d’hospitalités, cela apporte des garanties financières. Pour les filles, le cahier des charges est autour de 8.000 places.

La capacité des sites, et donc les revenus qui en découlent, c’est votre principal argument ?

Nos arguments, oui, c’est d’abord de contribuer à la réussite économique du projet des Alpes françaises 2030. J’ai participé à l’aventure de Paris 2024 donc je connais bien ces enjeux. Nous avons cette solution de patinoire à l’intérieur de nos murs, et une patinoire d’entraînement déjà existante. Le deuxième enjeu pour nous, c’est de permettre au projet de rayonner, même au-delà des régions Sud et AURA. Cela doit être le projet de tout un pays. Ce rayonnement national du projet, pour moi, est un véritable atout : il faut embarquer tous les Français, que la fête soit partout en France. On offre au COJOP l’opportunité de s’en saisir. Ça va aussi intéresser les sponsors d’avoir un site de compétition en dehors des régions AURA et Sud. On l’avait vu à Paris 2024 avec le tir à Châteauroux, la voile à Marseille. Cela a permis de donner une dimension nationale au projet, et je crois beaucoup à cette dimension.

Ça ne ferait pas tâche d’avoir une épreuve aussi emblématique des JO d’hiver aussi loin des Alpes pour les Jeux des Alpes françaises 2030 ?

On candidate, et le bureau exécutif fera des choix. Il faut entendre tous les arguments. Embarquer l’ensemble du pays, c’est un argument intéressant. Je connais l’intérêt des sponsors pour monter des opérations, activer leur marque, dans tout le pays. Evidemment, la ville de Paris est emblématique. Je sais aussi l’engouement de beaucoup de Parisiens et de Français à retrouver les Jeux à Paris. On a vécu des moments magiques en 2024, beaucoup ont envie de revivre ça.

Les temps de trajet entre les sites de Milan-Cortina faisaient partie des bémols de cette édition. Vous avez parlé au COJOP des liaisons entre Paris et les autres clusters ?

Tout le monde va transiter par Paris avec le hub de l’aéroport Charles de Gaulle. De fait, on va passer par Paris, pour ensuite aller dans les Alpes et la région Sud.

Vous restez confiante, malgré la réticence des régions hôtes à voir le hockey sur glace s’éloigner ?

Chacun fait valoir ses arguments. Ce qui est important, c’est l’intérêt général. C’est important que le projet soit une véritable réussite, aussi bien sur le plan économique que sur le plan de l’engagement de tout le pays. Pour le CIO, les Jeux des Alpes françaises 2030 sont un enjeu majeur pour continuer à transformer le modèle des Jeux d’hiver. Donc il faut étudier toutes les pistes, y compris celles qui ont un atout économique. Le COJOP le fait déjà puisqu’il est entré en dialogue ciblé avec les Pays-Bas pour le patinage de vitesse, il est ouvert à ces enjeux de sobriété et de maximisation des revenus. Le site est existant, il y a un savoir-faire, et un public qui va donner des assurances pour remplir la salle et faire des recettes de billetterie importantes. Le COJOP a ces enjeux bien en tête pour choisir les sites de hockey, et à ce titre, nous présentons des arguments assez similaires à ceux du site de patinage de vitesse. Nous sommes confiants, même si nous sommes challengers !