Candidatures

« L’Inde ne ménagera aucun effort pour avoir les Jeux en 2036 »

— Publié le 15 octobre 2023

Parfait timing. Et lieu idéal. L’Inde a profité de l’ouverture de la 141ème session du CIO, samedi 14 octobre à Mumbai, sur ses terres, pour confirmer une volonté déjà maintes fois évoquée ou suggérée : l’accueil des Jeux olympiques d’été en 2036. Le pays le plus peuplé sur la planète, avec 1,4 milliard d’habitants, veut l’événement. Il le dit tout haut et d’une voix forte.

Preuve de sa détermination : l’Inde a confirmé sa candidature dans l’amphithéâtre du Jio World Centre, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la session, par une annonce de son Premier ministre. Appelé à prendre la parole après le long discours de Thomas Bach, Narendra Modi a levé le ton au moment d’afficher les ambitions indiennes. « L’Inde est très enthousiaste à l’idée d’organiser des Jeux olympiques en 2036, a-t-il déclaré devant l’assistance. Elle ne ménagera aucun effort pour les obtenir. Recevoir les Jeux est le rêve et l’aspiration du peuple indien. »

Les Jeux d’été, donc. Mais pas seulement. Sans craindre le trop-plein, Narendra Modi a lâché que l’Inde lorgnait également sur les Jeux de la Jeunesse, idéalement avant les Jeux d’été. Un doublé 2030 (ou 2034) puis 2036 inédit dans l’histoire olympique.

Tout sauf un hasard, Narendra Modi a affiché devant le ban et l’arrière-ban du mouvement olympique l’ambition indienne à l’avant-veille du vote par la session du CIO de la liste des sports additionnels aux Jeux de Los Angeles 2028. Parmi eux, le cricket, sport national en Inde.

L’annonce faite par Narendra Modi n’a rien d’une nouveauté. La candidature de l’Inde aux Jeux d’été en 2036 a déjà été affirmée à plusieurs reprises. Mais elle prend encore plus d’épaisseur pour avoir été évoquée sans retenue par le Premier ministre devant les membres du CIO, à savoir les électeurs.

A ce stade, l’Inde reste volontairement floue sur les contours de son projet. Narendra Modi n’a pas précisé, samedi 14 octobre, quelle ville serait choisie pour incarner la candidature. Mais un nom circule : Ahmedabad.

Située dans l’Etat du Gujarat, au nord-ouest du pays, Ahmedabad est la sixième ville indienne en nombre d’habitants, avec une population de plus de six millions de personnes. Les autorités politiques en ont fait la capitale sportive. La ville abrite le plus grand stade indien, et le plus vaste du monde, avec 132.000 places. Il accueille actuellement la Coupe du Monde de cricket. Précision : l’enceinte bâtie dans les années 80, puis démolie et reconstruite en 2020, porte le nom de Narendra Modi.

Thomas Bach l’a précisé en début de semaine, à son arrivée à Mumbai : l’heure n’est pas encore venue pour le CIO de se pencher sur la question de l’attribution des Jeux d’été en 2036. L’instance olympique se préoccupe surtout de régler le problème délicat, et devenu urgent, des Jeux d’hiver en 2030. Mais le dirigeant allemand a aussi assuré ses hôtes indiens que l’organisation jugée très approximative des Jeux du Commonwealth 2010 à New Delhi ne « porterait pas ombrage » à une candidature aux Jeux d’été en 2036.

Avec l’Inde en tête de cortège, la course s’annonce dense. Elle se présente surtout comme un scénario inédit. A l’exception de l’Allemagne, dont le projet reste imprécis en termes de calendrier et de saison – été ou hiver -, les candidats déclarés n’ont encore jamais organisé l’événement olympique. L’Indonésie s’est lancée très tôt, le Mexique a suivi. Le Qatar, la Hongrie et la Turquie ont rejoint le groupe des postulants. La Pologne a plus récemment affiché ses ambitions.