— Publié le 30 septembre 2016

Pour Tokyo 2020, une facture à 30 milliards de dollars

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Les chiffres font peur. Le groupe d’experts formé par la nouvelle gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, pour mener un audit sur les constructions olympiques des Jeux de 2020, a rendu son premier rapport jeudi 29 septembre. Ses conclusions s’annonçaient pessimistes. Elles se sont révélées alarmantes.

Selon ses estimations, les Jeux de Tokyo pourraient coûter jusqu’à 30 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le budget annoncé au moment de la candidature. En cause, les surcoûts relatifs aux constructions des sept nouveaux sites de compétition prévus par les Japonais. Commentaire de Yuriko Koike: “Il n’est pas question de laisser à la population un héritage aussi négatif. Nous allons discuter des différentes options possibles avec le CIO au cours des prochaines semaines.”

Dans son rapport, le groupe d’experts propose de délocaliser le bassin d’aviron et de canoë-kayak à 440 km de Tokyo, soit trois heures de train, au nord-est de la capitale, dans la province de Myagi. Dans la configuration actuelle du projet, le site d’aviron coûterait près de 500 millions de dollars. Les experts suggèrent également de renoncer à la construction de nouveaux équipements pour la natation et le volley-ball. Pour le premier de ces deux sports, les Japonais avaient vu grand en imaginant un centre aquatique de 20 000 places. Ils envisagent désormais une piscine de 12 000 places sur un complexe déjà existant dans la zone de Tatsumi. Pour le volley-ball, même scénario: abandon du projet d’une salle neuve, pour se rabattre sur un équipement déjà construit.

Le groupe d’experts propose également la création prochaine d’une nouvelle organisation destinée à superviser les comptes des Jeux et les coûts de leur préparation.

Face à cette inflation des coûts, aux proportions de plus en plus proches du spectaculaire exemple des Jeux de Sotchi en 2014, les organisateurs japonais ont déjà revu largement leurs plans. Ils ont notamment délocalisé les sites de basket-ball, taekwondo et cyclisme sur piste. Pour ce dernier sport, le vélodrome serait désormais installé à environ 140 kilomètres du village des athlètes. Cette refonte du dispositif aurait permis, selon diverses sources, de réduire la facture d’environ 1 milliard de dollars. Mais le problème reste entier.

La nouvelle carte des sites sera longuement abordée à l’occasion de la prochaine visite du CIO à Tokyo, prévue le 24 novembre. Dans tous les cas, le comité d’organisation des Jeux de Tokyo devra obtenir le feu vert de l’institution olympique et des fédérations internationales avant de modifier, une nouvelle fois, ses plans.

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Pour mémoire, le dossier de candidature de Tokyo 2020 prévoyait que seulement trois sports, le pentathlon moderne, le football et le tir, seraient disputés sur des sites à l’extérieur d’un cercle de 8 km autour du village des athlètes. Les autres devaient s’intégrer dans un dispositif présenté à l’époque comme le plus compact de ces dernières décennies. Le projet avait séduit le CIO. Ses membres l’avaient préféré aux dossiers de Madrid et d’Istanbul. Depuis, trois années ont passé. Tokyo organisera bien les Jeux en 2020, mais d’une façon très éloignée des promesses de campagne. A méditer.