Institutions - 30/11/2018

Pour l’ACNOA, Mustapha Berraf promet la transparence

Le mouvement olympique africain s’est choisi un nouveau leader. Il est algérien. Mustapha Berraf, 64 ans, a été élu à la présidence de l’Association des comités nationaux olympiques africains (ACNOA), jeudi 29 novembre à Tokyo. Il succède à l’Ivoirien Lassana Palenfo, contraint de renoncer à un nouveau mandat l’an passé après l’annulation par le TAS de la dernière élection.

Avec quatre candidats pour le siège de président, le scrutin s’annonçait serré. Et beaucoup promettaient une assemblée générale extraordinaire de l’ACNOA secouée par les turbulences. A Tokyo, jeudi en fin d’après-midi, rien de tout cela ne s’est produit.

Seule demi-surprise, précédée par la rumeur depuis l’avant-veille : le retrait du Botswanais Negroes Kgosietsile juste avant le scrutin. La course en était réduite à trois postulants : la Burundaise Lydia Nsekera, l’Algérien Mustapha Berraf, président par intérim depuis douze mois, et le Camerounais Hamad Kalkaba Malboum.

Au premier tour, il s’en est fallu d’une voix pour que l’Algérien rafle la mise. Sur les 54 suffrages exprimés, Mustapha Berraf en a rassemblé 27. Lydia Nsekera en a totalisé 16. Avec seulement 11 bulletins à son nom, Hamad Kalkaba Malboum a plié bagage.

Le second tour a confirmé la tendance. 34 voix pour Mustapha Berraf, 20 pour Lydia Nsekera. Le report des suffrages a été plus favorable au dirigeant algérien. Les représentants du mouvement olympique africain avaient le choix entre le changement et la continuité. Ils ont préféré la deuxième option.

Emu jusqu’à en chercher ses mots, le nouveau président de l’ACNOA a abrégé avec peine un discours en forme de remerciement. Puis il a répondu aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux : Que vous inspire le score de l’élection ?

Mustapha Berraf : Il reflète le choix des électeurs. J’ai toujours milité au sein de l’ACNOA, depuis maintenant 5 mandats. J’ai toujours été loyal envers ses membres. Mais, aujourd’hui, il n’y a eu ni vainqueur ni vaincu pour cette élection. Seul le sport a gagné. Un état d’esprit fraternel a régné pendant notre assemblée générale, empreinte d’une ambiance de sérénité. Les gens ont choisi la continuité. Ils ont exprimé leur souhait de voir l’ACNOA continuer sur sa lancée. Nous avons connu des dysfonctionnements, mais ils sont réglés. Une nouvelle étape débute pour l’ACNOA. Nous avons déjà dégagé un budget pour permettre aux meilleurs athlètes africains de réaliser des grandes performances aux Jeux de Tokyo 2020.

Qu’allez-vous changer dans le fonctionnement de l’ACNOA ?

Je veux changer la méthode. J’ai la volonté d’imprimer à l’ACNOA un mode de fonctionnement participatif. Nous devons moderniser notre fonctionnement pour donner à l’ACNOA un nouveau départ. J’attache une grande importance à un mode de gouvernance basé sur la transparence.

Comment allez-vous organiser votre mandat de président de l’ACNOA ?

Je veux y consacrer un maximum de temps. Mais avec les nouvelles techniques de management et de communication, tout peut être géré à distance.

Quelle est l’urgence aujourd’hui pour l’ACNOA ?

Les Jeux Africains au Maroc en 2019, à Rabat et Casablanca, avec 21 sports et une dimension très internationale. Nous avons obtenu, après 10 années de négociation, un accord avec l’Union africaine et les confédérations africaines. Il nous confère les pouvoirs de management, d’organisation et de marketing de l’événement. Nous aurons besoin de toutes les compétences et de tous les experts. Mais je suis convaincu que l’Afrique n’en manque pas. Il est temps de donner leur chance aux gens qui veulent s’exprimer et prouver leur valeur.

A moins d’une année de l’échéance, comment se présentent ces Jeux Africains 2019 ?

Nous avons cette urgence, mais le Maroc possède beaucoup de moyens, une grande expérience et les installations suffisantes pour donner aux Jeux Africains la dimension qu’ils méritent. Mais cet événement n’est pas le seul à figurer à notre calendrier. Nous devons aussi préparer les Jeux africains de la Jeunesse en 2022 au Lesotho, et les premiers Jeux africains de plage au Cap Vert. Le travail ne manque pas. Mais l’Afrique possède le talent et les compétences pour relever le défi.

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