Candidatures - 26/09/2018

Les Jeux d’hiver 2026, une équation à 4 inconnues

Marche arrière toute pour Erzurum. Engagée dans la course aux Jeux d’hiver 2026, désormais réduite à seulement quatre concurrents, la ville turque dément un rapprochement avec la Russie… pourtant suggéré par son propre gouverneur.

Rappel des faits. En début de semaine, la presse turque révèle que le gouverneur d’Erzurum, Seyfettin Azizoglu, a proposé à l’ambassadeur de Russie en Turquie que la piste de luge, bobsleigh et skeleton de Sotchi, construite pour les Jeux d’hiver en 2014, soit intégrée au dossier de candidature. Erzurum n’en possède pas. En se tournant vers la Russie, la ville ferait l’économie d’une construction très coûteuse, aux retombées incertaines. Une option censée être appréciée par le CIO.

Mardi 25 septembre, un porte-parole de la mairie d’Erzurum a démenti l’information. « A ce stade, aucune demande n’a été formulée (à Sotchi) et rien n’a été entrepris dans cette direction, précise le porte-parole, cité par l’agence Sputnik. Si Erzurum gagne le droit d’organiser les Jeux olympiques, nous pourrons alors en discuter. Mais nous n’avons fait aucune annonce officielle, le gouverneur a seulement évoqué de façon hypothétique une telle possibilité. »

L’option Sotchi serait donc hypothétique. Le gouverneur d’Erzurum aurait parlé trop tôt.

En attendant, la candidature turque affiche un trou béant dans son dossier. Elle ne possède pas de piste de bob, luge et skeleton. Elle ne veut pas en construire, sous peine de fâcher les élus du CIO, à qui l’idée de casser sa tirelire pour financer un équipement coûteux donne désormais des boutons. Et elle ne peut plus se tourner vers la Russie, un possible allié jugé trop encombrant par les temps qui courent.

Pour le CIO, la campagne pour les Jeux d’hiver en 2026 est en train de tourner au mauvais scénario. Jusqu’en juin dernier, elle avait encore belle allure, avec sept candidats sur la ligne de départ, dont cinq venus d’Europe. Un retour à la normale, en somme. La fin des vaches maigres.

Mais Sion a mis les pouces, une votation ayant une nouvelle fois jeté aux orties les espoirs d’un retour des Jeux. Les Autrichiens de Graz ont eux aussi rejoint les stands. Puis les Japonais de Sapporo ont annoncé, la semaine passée, qu’ils reportaient leur projet à l’édition suivante.

La feuille de route du CIO est précise : la commission exécutive doit proposer à la prochaine session, réunie au début du mois d’octobre à Buenos Aires en marge des Jeux de la Jeunesse 2018, la liste des villes invitées à poursuivre la campagne de candidature. Sauf retournement de dernière minute, elle devrait compter quatre noms : Calgary, Erzurum, Milan/Cortina d’Ampezzo et Stockholm. On imagine mal, en effet, le CIO réduire une liste déjà aussi peu fournie.

Sur le papier, le casting reste très acceptable. Mais les zones d’ombre se révèlent tellement nombreuses qu’il n’est pas certain que les membres du CIO auront encore un vrai choix, en septembre 2019, lors de la session de Lausanne où doit être décidée la ville-hôte des Jeux d’hiver en 2026.

A Calgary, le référendum du 13 novembre s’annonce comme un obstacle de taille pour les porteurs du projet. L’opposition s’organise, rangée en bon ordre derrière la bannière du groupe NoCalgaryOlympics. La semaine passée, la chaîne CBC a révélé que certains coûts liés aux Jeux auraient été tenus secrets dans le budget présenté plus tôt dans le mois aux médias et à l’opinion.

A Stockholm, où l’équipe de candidature se montre assez discrète depuis quelques mois, le soutien des pouvoirs publics et des forces politiques reste encore hypothétique. La candidature suédoise s’annonce pourtant comme la mieux armée pour rafler la mise.

En Italie, le retrait de Turin d’un projet devenu national a fissuré le fragile équilibre entre le mouvement sportif et le gouvernement. Milan et Cortina d’Ampezzo continuent d’avancer. Mais on peut se demander jusqu’où ira une candidature que le secrétaire d’Etat aux Sports assure ne plus vouloir soutenir.

Reste le cas Erzurum. Pas de référendum en vue, un soutien politique assuré. Mais une position géographique explosive, avec des frontières communes avec l’Iran, l’Irak et la Syrie. Et, maintenant, un coup d’œil appuyé vers la Russie.

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