Candidatures - 14/05/2017

A Paris, les Jeux se conjuguent maintenant au futur

Les jeux seraient-ils faits? Pas encore. Dimanche 14 mai, première journée de la visite à Paris de la commission d’évaluation du CIO, il reste encore 122 jours avant le vote pour la ville-hôte des Jeux de 2024. Tout peut encore arriver, dans un camp comme dans l’autre. Mais l’équipe parisienne affiche une mine de vainqueur et ne cache pas sa confiance.

Révélateur: Bernard Lapasset et Tony Estanguet s’expriment désormais au futur en évoquant les Jeux. Face à la presse, en fin d’après-midi, le plus âgé des deux co-présidents de Paris 2024 a annoncé que son cadet prendrait la tête de l’organisation. « Tony Estanguet sera le président du COJO », a révélé Bernard Lapasset. Dans la foulée, le triple champion olympique de canoë a précisé que son aîné officierait comme président honoraire du comité d’organisation des Jeux, Etienne Thobois conservant son poste de directeur général.

Quant à Anne Hidalgo, la maire de Paris, Tony Estanguet a confié qu’elle prendrait la présidence de Solideo, l’établissement public chargé d’assurer la livraison des équipements olympiques et paralympiques. A quatre mois du vote, l’organigramme est déjà prêt. Une démarche de « continuité », explique Bernard Lapasset, attendue par le CIO et initiée pour le rassurer sur la suite du feuilleton.

Les 12 membres de la commission d’évaluation du CIO n’ont pas encore vu un seul site du dispositif de Paris 2024. Ils les découvriront ce lundi 15 mai, au deuxième jour de leur visite dans la capitale française. Mais la longue succession des présentations, dimanche, consacrées à la vision, le concept, l’héritage, l’expérience des athlètes et la gouvernance, semble avoir séduit tout le monde. Patrick Baumann, le président de la commission, qualifie d’exceptionnelle la présentation du projet parisien. Tony Estanguet assure que les envoyés du CIO ont été « bluffés par la qualité de l’offre sportive. » Le Français insiste: » Ils ont réalisé aujourd’hui que les Jeux à Paris, ça envoie. »

Anecdotique mais très remarqué: les deux lapsus de Patrick Baumann. En début de matinée, puis plus tard face aux médias, le Suisse a parlé de « comité d’organisation » pour évoquer l’équipe de candidature. Il s’en est amusé. Sa langue avait fourché dans les mêmes proportions la semaine passée à Los Angeles. L’aurait-il fait exprès?

Dithyrambique au terme de sa visite en Californie, Patrick Baumann n’a pas encore ouvert pour Paris la malle aux superlatifs. Il le fera sans doute mardi, au terme de la visite. Mais le Suisse ne retient pas son enthousiasme: « Nous avons pu voir toutes les opportunités sociales que les Jeux apporteraient à la ville, la région et le pays. Certaines sont déjà en cours, notamment dans le domaine de l’éducation. La France propose un projet dont l’héritage pourra être partagé par le reste du monde. Beaucoup de travail a été consacré à l’expérience des athlètes, sur leur terrain de compétition mais aussi en dehors. L’enthousiasme de l’équipe de candidature est extraordinaire. Ils sont déterminés à ce que les Jeux soient un grand succès et laissent une empreinte pendant des décennies. »

Pas question, pour autant, de se risquer à avouer une préférence entre Los Angeles et Paris. A l’image de sa commission, Patrick Baumann évalue, félicite et applaudit volontiers des deux mains. Mais il ne classe pas. Logique. « Nous nous retrouvons dans une situation exceptionnelle, avec deux villes extraordinaires, explique le Suisse. Deux villes habitées par l’esprit olympique. Mais elles sont différentes. En Europe, nous avons tous un attachement personnel à Paris. Ici, il y aura un site de compétition à la Tour Eiffel. Là-bas, ils ont le Staples Center. Et le basket est mon sport… »

Deux villes à l’esprit olympique. Sauf improbable scénario, deux futures gagnantes. Reste à savoir laquelle des deux aura les Jeux la première.

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