Candidatures - 03/02/2017

Pour les Jeux de 2024, la course n’a plus de frontières

L’heure des travaux pratiques est terminée pour les trois villes candidates aux Jeux d’été en 2024. Les équipes de Budapest, Los Angeles et Paris remettent au CIO, ce vendredi 3 février, leur troisième et dernier dossier de candidature. Il est consacré à l’organisation proprement dite des Jeux, à savoir leur « livraison », et surtout à l’héritage que l’événement laisserait dans la ville, sa région et le pays tout entier. Pour l’anecdote, le dossier parisien compte 110 pages. Les deux autres sont censés peser plus ou moins le même poids.

La fin des travaux pratiques. Le début, au même moment, de la campagne internationale. Les règles du CIO ne plaisantent pas avec le calendrier: Budapest, Los Angeles et Paris sont autorisées, depuis minuit dans la nuit de jeudi à vendredi, à se déployer en dehors de leurs propres frontières. En clair, à utiliser tous les moyens légaux pour vendre à la terre entière leur vision et leur projet pour les Jeux d’été en 2024. Pas encore l’heure du sprint final, mais déjà celle de forcer nettement l’allure.

Les vannes sont ouvertes. Mais, attention, le CIO continue de veiller. Plus attentif que jamais à retenir les ardeurs des villes candidates, il leur a interdit de communiquer sur la remise à Lausanne de leur dernier dossier de candidature. Black-out complet sur l’opération, certes très anecdotique, mais propice à s’exprimer devant la presse.

Du coup, les postulantes en sont réduites à tenter de créer l’événement depuis leurs propres bases. Une étape abordée de façon très différente entre la Hongrie, les Etats-Unis et la France.

Passons rapidement sur Budapest. La candidature hongroise a fait le choix, sage et judicieux, de repousser d’une bonne dizaine de jours le début de sa campagne internationale. La menace d’un  référendum sur la candidature, agitée depuis la mi-janvier par un groupe politique de jeunesse, Momemtum Mozgalom, l’incite à se concentrer sur la mobilisation nationale. L’organisation de contestation a besoin de recueillir 138 000 signatures en 30 jours pour forcer l’organisation d’une consultation. Ses leaders assurent que leur pétition en a déjà collecté plus de 70 000 en seulement 10 jours. Mais le site Sportetsociété croit savoir que ces chiffres seraient nettement gonflés. En attendant, Budapest met profil bas. Rien n’est prévu dans la capitale hongroise pour célébrer le dépôt du dernier dossier de candidature.

A l’inverse, Los Angeles s’agite. L’équipe californienne n’a pas attendu le 12ème coup de minuit à Lausanne, jeudi, pour lancer la manœuvre. Elle a débuté la journée par une séance de fitness géante, en plein air, proposée devant le Coliseum de Los Angeles. Environ 600 personnes ont répondu à l’invitation. Parmi les personnalités présentes, Casey Wasserman, le président de la candidature, Janet Evans, la vice-présidente et directrice des relations avec les athlètes, Gene Sykes, le directeur général, mais également une solide colonie d’olympiens et paralympiens, dont l’ex athlète Mark Crear et l’ancien nageur John Naber.

Plus tard dans la journée, l’équipe de candidature a projeté le logo et le slogan de sa campagne, « Follow the sun », sur la grande-roue installée sur la jetée de Santa Monica. L’un et l’autre y sont restés visibles jusqu’à minuit.

A Paris, les festivités sont prévues pour la fin de la journée, ce vendredi 3 février. Elles doivent se dérouler entre la Tour Eiffel et le Trocadéro. Anne Hidalgo, la maire de Paris, et Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, y sont attendues. Moins fréquente, la présence annoncée de Bernard Cazeneuve, le Premier ministre.

Aux alentours de 18 h 00, l’équipe de Paris 2024 révélera en grandes pompes, avec projection sur la Tour Eiffel, son slogan de campagne. Elle le fera d’abord en anglais, avant de passer au français. Il est encore tenu secret, mais les rumeurs suggèrent qu’il pourrait s’articuler autour du mot « partage ».

A sa façon, Paris 2024 a également, comme Los Angeles, précédé le mouvement. Jeudi 2 février, l’institut CSA a dévoilé les résultats d’un sondage sur la vision de la course aux Jeux à l’étranger. Effectuée par internet auprès de 4000 personnes dans 8 pays (Allemagne, Brésil, Chine, Etats-Unis, Inde, Italie, Russie, Royaume-Uni), entre le 26 octobre et le 2 novembre, l’enquête place Paris en tête pour l’organisation. 81% des Chinois préfèrent Paris à Los Angeles (10%) ou Budapest (9%), 71% des Indiens votent en faveur de Paris, tout comme 64% des Brésiliens. Les Britanniques hésitent (42% pour Paris, 34% pour Los Angeles et 24% pour Budapest). Les Américains, eux, choisissent Los Angeles à 47% (41% d’entre eux penchent en faveur de la capitale française).

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