Candidatures - 09/02/2014

« Les Jeux vont régler la crise politique en Ukraine »

Pas facile, ces temps-ci, la vie de membre du comité de candidature de la ville ukrainienne de Lviv pour les Jeux d’hiver de 2022. 6 d’entre eux ont tenu une conférence de presse, ce dimanche 9 février à Sotchi. Habillés d’une veste aux couleurs du pays, un bleu pale très soviétique, ils ont présenté dans un ordre parfait, passant de l’ukrainien à l’anglais, le pourquoi et le comment de leur projet olympique.

Un discours propre et limpide, où chacun a pu retenir l’idée que les Jeux changeraient pour toujours la vie et l’image de cette partie du pays, dans la région des Carpates. « Nous avons besoin des JO pour développer les sports d’hiver en Ukraine », ont-ils martelé d’une même voix. « L’événement olympique permettrait à Lviv et à sa région de grandir d’un coup et de booster les disciplines d’hiver » a insisté Serguei Bubka, le président du Comité national olympique ukrainien.

Très appliqués, un rien empruntés ( « c’est notre premier essai » , a soufflé Sergej Gontcharov, le tout nouveau patron de la candidature), ils ont détaillé avec assurance leur concept. Un dispositif autour de deux pôles, le premier en ville, à Lviv, où seraient regroupées les épreuves de glace, un deuxième dans les montagnes, à 150 km de distance, pour tout le reste. Ils ont relevé que la cérémonie d’ouverture se déroulerait dans le stade construit pour l’Euro de football en 2012. Enfin, ils ont précisé non sans fierté que 95% des athlètes seraient logés à 10 minutes ou moins du lieu de leur épreuve.

Pas mal. Mais, « rêve olympique » (leur slogan de campagne) ou pas, Serguei Bubka et ses compagnons de route n’ont pas pu éviter les questions sur la situation politique en Ukraine. Ils s’y attendaient. Mais peut-être n’avaient-ils pas anticipé que toutes les questions tourneraient autour de ce sujet.

L’exercice n’était pas simple. Oleksandr Vilkul, le vice-premier ministre, s’y est collé sans grand plaisir, mais sans refuser l’obstacle. « L’idéal olympique primera sur la situation politique, a-t-il suggéré. Nous résoudrons bientôt nos problèmes et nous serons plus forts. Notre candidature fait l’unanimité en Ukraine, y compris dans l’opposition. Je suis convaincu que les Jeux aideront à régler la situation actuelle dans le bon sens ».

Serguei Bubka s’y est lui aussi essayé, en anglais, en cherchant à peser sur chaque mot comme s’il voulait les arrimer au sol. « Nous sommes encore à huit dans de l’hiver 2022. Ca nous laisse du temps pour régler le problème. L’Ukraine est un pays jeune, qui expérimente la démocratie. Mais j’ai confiance. Le sport va réunir les gens ».

Convaincant ? Mouais.

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