Événements - 08/08/2013

Sotchi, c’est chaud

Au dernier pointage, ce jeudi 8 août 2013, le compte-à-rebours annonce 183 jours avant la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de Sotchi. C’est beaucoup, et peu à la fois. Mais pour les organisateurs russes, ces six derniers mois pourraient s’avérer très long, à tenter d’éteindre les polémiques et esquiver les critiques.

La plus sérieuse du moment se révèle inédite, dans l’histoire pourtant agitée du mouvement olympique. Pour avoir promulgué en juin dernier une loi anti-gay, prévoyant notamment amendes et peine de détention en cas de « propagande homosexuelle », la Russie essuie un feu nourri de critiques, venues du monde entier.

Mercredi 7 août, un groupe de militants de l’organisation non-gouvernementale All Out a déposé au siège du CIO, à Lausanne, une pétition pour dénoncer la loi russe et appeler à protéger les homosexuels contre toute discrimination. La pétition aurait déjà réuni plus de 320 000 signatures.

Le même jour, l’acteur homosexuel britannique Stepen Fry a pris sa plume pour écrire au CIO en lui demandant, sans nuance, de retirer à la Russie l’organisation des Jeux de 2014. Il accuse Vladimir Poutine d’avoir fait « des homosexuels des boucs émissaires comme Hitler l’avait fait avec les juifs. » Publié sur son site Internet personnel, le courrier de Stephen Fry a été envoyé à Jacques Rogge et à tous les membres du comité olympique ainsi qu’au Premier ministre britannique, David Cameron.

«Une interdiction totale des Jeux Olympiques d’hiver de 2014 est tout simplement nécessaire. Organisez-les ailleurs, dans l’Utah, à Lillehammer, où vous voulez. Il faut à tout prix que Poutine ne puisse pas avoir l’approbation du monde civilisé », plaide l’acteur, suivi par plus de six millions de personnes sur Twitter.

Contraint de prendre position dans un débat dont il se serait bien passé, le CIO avance sur des œufs. Interrogée par l’AFP, sa responsable des relations médias, Sandrine Tonge, tente l’apaisement : « Le CIO souligne clairement que le sport est un droit de l’homme et doit être accessible à tous, libre de toute discrimination, et ceci s’applique aux spectateurs, officiels, médias et bien sûr aux athlètes. Nous nous opposerons dans les termes les plus forts à toute action qui remettrait en cause ces principes. »

A en croire sa porte-parole, l’institution olympique aurait reçu « des assurances au plus haut niveau du gouvernement de Russie que la législation n’affectera pas ceux qui assisteront et participeront aux Jeux. » Des propos contredits par les déclarations du ministre russe des Sports, Vitali Moutko, qui a affirmé la semaine passée que les sportifs homosexuels devraient respecter la loi pendant les Jeux de Sotchi. Au risque, dans le cas contraire, d’aller visiter les cellules du pays.

Un site « Boycott Sochi 2014 », créé sur Facebook par la communauté homosexuelle, a déjà recueilli des milliers de signatures. Plus anecdotique, sauf pour le commerce de l’alcool : des défenseurs de la cause gay ont appelé à boycotter la vodka russe.

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