La pression monte encore autour de Nice. Le point d’interrogation entourant le pôle glace des Jeux d’hiver 2030 grandit jour après jour. Les conditions d’accueil du hockey sur glace cristallisent les tensions ces dernières semaines : le nouveau maire Eric Ciotti a catégoriquement refusé le plan A, qui prévoyait d’installer deux patinoires au sein de l’Allianz Riviera, avec un toit temporaire. Trop couteux et trop contraignant pour le club de foot local, l’OGC Nice. Il faut donc trouver des compromis, et vite. Pas simple, au point que le COJOP parle désormais ouvertement d’une possible délocalisation à Lyon ou Paris.
Le « coût très élevé » des alternatives niçoises
Deux réunions techniques ont eu lieu la semaine dernière, mardi et jeudi. Les parties prenantes ont rapidement validé l’idée d’installer une patinoire au Palais des expositions, où plus de 9.000 spectateurs pourraient se réunir. « Sous réserve de la validation de la Fédération internationale, la seconde patinoire de compétition de hockey sur glace est prévue au Palais des Expositions de Nice. Les autres épreuves du pôle glace prévues à Nice ne sont pas modifiées », confirme le COJOP mardi. Les choses se compliquent cependant pour la patinoire principale.
L’équipe d’Eric Ciotti a proposé une installation temporaire au stade de rugby des Arboras, qui sera prochainement agrandi, ou au stade Charles-Ehrmann. La région Sud annonçait jeudi soir que « la faisabilité technique du projet » avait été démontrée, et qu’il ne restait plus qu’à étudier « la faisabilité calendaire et financière ». Le COJOP a finalement refroidi cet optimisme mardi : « Les analyses techniques, temporelles et financières menées ont mis en évidence les limites de ces options, notamment au regard de leur coût très élevé et de leur impact. » Nice se retrouve donc sans solution à présenter, alors que la carte des sites doit être fixée dans moins de deux mois.
La pression de Paris et Lyon
Edgar Grospiron a besoin de certitudes et à ce stade, Nice semble de moins en moins capable d’en apporter. Le COJOP, qui s’accrochait fermement à la cité azuréenne jusque-là, a brisé un tabou en évoquant une délocalisation du hockey sur glace. « Dans une logique de sobriété et d’optimisation budgétaire, le COJOP a pris la décision d’élargir ses investigations en étudiant la mobilisation d’équipements existants, dans d’autres grandes métropoles comme Lyon ou Paris, répondant notamment à une capacité minimale de 10.000 places brutes assises. »

Un aperçu de la LDLC Arena en configuration olympique.
En coulisses, le maire de Lyon Grégory Doucet a commencé son lobbying il y a déjà plusieurs semaines en faisant savoir qu’il était prêt à voler à la rescousse du COJOP. Pas d’obstacle majeur en vue du côté lyonnais puisque la ville est très bien desservie, à proximité d’un grand nombre d’autres sites de compétition, et qu’elle aura déjà eu l’expérience des Championnats du monde de hockey sur glace 2028 à la LDLC Arena. « Les Jeux olympiques Alpes 2030 doivent rester dans les Alpes françaises. C’est la promesse faite au monde olympique, c’est le sens même de cette candidature, et c’est ce que la LDLC Arena est prête à incarner avec fierté et ambition », déclare Alexandre Aulas, président de ThrillStage, société d’exploitation de l’Arena, mardi après-midi, soulignant qu’elle représente « la solution la plus crédible, la plus aboutie et la plus durable ».
La Paris Entertainment Company, qui exploite l’Accor Arena et l’Adidas Arena à Paris, a aussi fait acte de candidature pour accueillir des matchs de hockey dans la capitale. Auprès de l’AFP, elle a souligné « son expérience dans l’organisation de grands événements sportifs » et « son engagement dans les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ». Comme Lyon, Paris sera hôte des Championnats du monde en 2028 avec l’Accor Arena. Pas de problème d’homologation du côté de la Fédération internationale de hockey sur glace, donc. Éclater le pôle glace serait évidemment regrettable, mais les Alpes françaises n’ont plus trop le choix. « Les analyses conduites nous amènent à nous tourner vers des équipements existants, plus adaptés et plus sobres. Plusieurs options sont à l’étude afin de garantir des conditions d’accueil répondant pleinement à nos exigences », glisse Edgar Grospiron dans le communiqué de mardi. Le bureau exécutif du 11 mai devrait permettre d’y voir, enfin, un peu plus clair.

