La Coupe du monde de football s’ouvrira dans exactement 50 jours en Amérique du Nord. Ce mercredi, la FIFA lance justement la dernière phase de sa billetterie à 17h00 (CET) sur le principe du premier arrivé, premier servi. Il faudra y mettre le prix puisque l’instance prévient que « les places disponibles couvriront les catégories 1 à 3, ainsi que les premiers rangs ». À ce stade, « plus de cinq millions de billets » ont été vendus selon la FIFA. En sachant que près de sept millions de billets sont disponibles, on peut donc estimer qu’il en reste autour d’un million et demi à saisir. Mais la fédération ne s’inquiète pas.
Une nouvelle catégorie qui gonfle encore les prix
La FIFA voit toujours le verre à moitié plein, alors elle prévient : « Des billets supplémentaires seront régulièrement mis sur le marché jusqu’à la finale (sous réserve de disponibilité). Compte tenu de la nature de cette vente et du succès rencontré par les précédentes phases de vente, les supporters devront vraisemblablement patienter dans des queues numériques afin de permettre à la FIFA d’offrir à chacune une meilleure expérience possible. » L’instance sait que la demande est forte, et elle en profite largement en termes de tarifs.
Début avril, elle a créé une « catégorie 1 avant », sur laquelle elle n’avait jamais communiqué en amont. Une sorte de catégorie 1 premium, avec des prix encore plus élevés. Les sièges les plus proches du terrain coûtent ainsi 900 dollars pour un match comme celui entre le Cap-Vert et l’Arabie saoudite, deux équipes modestes, à Houston. Pour les supporters qui désireraient être les mieux placés pour assister au duel entre le Canada et la Bosnie-Herzégovine, la note pourra grimper jusqu’à 3.360 dollars. Cette stratégie a laissé un goût amer chez une partie des acheteurs potentiels, découragés, mais aussi chez ceux qui avaient déjà pris des places en catégorie 1, qui ont réalisé qu’ils ne seraient finalement pas aussi bien placés que ce à quoi ils s’attendaient.
Les États-Unis loin de faire le plein
Toujours bien informé, The Athletic a récemment rapporté un document daté du 10 avril. Il fait état de 40.934 tickets vendus pour le premier match des États-Unis, face au Paraguay, à Los Angeles. Pas un très bon score quand on sait que 50.661 places ont été achetées pour la rencontre entre l’Iran et la Nouvelle-Zélande, qui aura lieu dans le même stade. Les prix de la FIFA y sont certainement pour beaucoup : jusqu’à 2.730 dollars le billet, avec d’autres catégories atteignant 1.940 et 1.120 dollars. Pour un match du premier tour, faut-il le rappeler. La preuve que les supporters ne sont pas prêts à tout accepter, et que la FIFA n’est pas vraiment en phase avec ceux sans qui le football « n’est rien », dixit Gianni Infantino.
Le président de la fédération persiste et signe, à chaque prise de parole : « Tous les stades seront plein à craquer. » L’enjeu est de taille pour la FIFA, abîmée par les images de stades clairsemés l’été dernier pendant le Mondial des clubs. Invité du sommet Semafor à Washington, Infantino a indiqué que la FIFA aurait déjà pu vendre tous les billets, mais qu’elle préférait « en garder quelques-uns en vente jusqu’au début du tournoi afin de donner une chance aux retardataires ». La plateforme de revente offre déjà des opportunités aux retardataires, donc l’idée de la FIFA est probablement autre : maximiser ses revenus en vendant des billets très chers, à seulement quelques semaines de l’événement, au moment où elle sera encore plus en position de force. Oui, l’argent sera ensuite réinjecté aux quatre coins du monde pour le développement du football. Mais en attendant, ce sont encore les supporters qui en paient le prix.

