Il y a quatre ans, les Jeux paralympiques s’étaient déroulés sans la Russie ni la Biélorussie. L’Ukraine doit toujours faire face à l’envahisseur en 2026, mais les deux pays sont cette fois bien présents sur la scène paralympique en Italie. Non pas avec des athlètes neutres, comme à Paris, mais bel et bien avec des délégations qui représentent leurs couleurs officielles. Ce qui pose question, forcément.
Sifflets et boycotts
Le ton était donné dès le 6 mars lors de la cérémonie d’ouverture : sept pays ont refusé de participer au défilé dans les arènes de Vérone au motif de la présence des athlètes russes et biélorusses avec leur drapeau et leur hymne. Des sifflets ont même été entendus au moment de leur passage dans le stade. Pas vraiment ce que l’on imagine quand on pense à l’esprit olympique. La chaîne polonaise TVP a interrompu la diffusion de la cérémonie au moment des passages des Russes et des Biélorusses, quand la chaîne lituanienne LRT a décidé de ne pas la diffuser du tout.
La chaîne estonienne EER a quant à elle prévenu qu’elle ne retransmettrait aucune épreuve où ces athlètes apparaîtraient. « La radiotélévision publique estonienne condamne sans équivoque la normalisation des actions des États agresseurs par le biais du sport et du mouvement olympique et dénonce la décision d’autoriser les athlètes russes et biélorusses à participer aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina sous les drapeaux des États agresseurs », a justifié Rivo Saarna, responsable du département des sports de l’ERR. Le Comité international paralympique brandit le vote du mois de septembre comme bouclier, Andrew Parsons rappelant que le retour des Russes et des Biélorusses résulte d’une décision démocratique. Et l’Ukraine, qui se bat depuis plus de quatre ans maintenant, doit accepter de voir flotter les couleurs de ses agresseurs devant son nez.
Deux médailles de bronze dès samedi
Présente avec six athlètes, la Russie a ouvert son compteur en para ski alpin samedi 7 mars avec Varvara Voronchikhina, médaillée de bronze en descente. Le premier podium paralympique officiel du pays depuis 2014. Son compatriote Aleksei Bugaev l’a imitée en se classant troisième de l’épreuve masculine. Dans le même temps, à 2.000 kilomètres de là, les Ukrainiens pleuraient une douzaine de nouvelles victimes des frappes russes à Kharkiv. Ce lundi, l’hymne russe a même retenti pour la première fois aux Jeux olympiques ou paralympiques depuis le 21 août 2016, à Rio, quand le lutteur Soslan Ramonov et les gymnastes du concours des ensembles avaient décroché l’or. Voronchikhina a en effet été titrée sur le Super-G, devant la Française Aurélie Richard.
À l’issue du premier weekend de compétition, l’Ukraine occupe la deuxième place du tableau des médailles avec déjà 10 podiums, dont trois titres. Dans ces circonstances si particulières, les athlètes ukrainiens mouillent le maillot. Tout en exprimant le sentiment que les instances n’accordent plus le même intérêt à la défense de l’intégrité du pays. Une impression qui s’était vivement manifestée lors de l’affaire Vladyslav Heraskevych en février. La Russie est loin d’avoir retrouvé sa place, mais elle gagne inlassablement du terrain sur la planète sportive.

