Le Grand Palais avait offert un écrin époustouflant à l’escrime et au taekwondo lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Pendant cinq jours, il vient maintenant d’accueillir l’Hyrox, une compétition de fitness de plus en plus populaire… et qui sera peut-être elle aussi olympique à moyen terme. C’est en tout cas l’ambition affichée par ses promoteurs, avec Brisbane 2032 en ligne de mire.
La directeur d’Hyrox France, Maxime Villalongue, ne s’est pas caché sur la chaîne M6. « Ce sport a été fondé par un sportif olympique, et l’ambition dès le début était d’en faire un sport olympique, rappelle-t-il, en faisant référence à Moritz Furste, double champion olympique de hockey sur gazon, qui a créé le concept avec Christian Toetzke en 2017. L’ambition de départ était de créer un sport qui soit olympique à terme. » Le CIO a prouvé son intérêt pour les nouvelles tendances et son ouverture en donnant son feu vert au breaking, qui a cassé les codes et largement fait débat à Paris 2024. Mais l’Hyrox peut-il répondre aux critères olympiques ?
🏋️ L'Hyrox a investi ce samedi le Grand Palais à Paris, où plus de 10.000 adeptes ont participé à cette compétition exigeante, mélange de force et d'endurance #AFPTV ⤵️ pic.twitter.com/mfe96u03G3
— Agence France-Presse (@afpfr) April 20, 2025
World Triathlon comme allié
Maxime Villalongue est persuadé que l’association peut fonctionner. « Les standards, la globalisation, la standardisation, la représentativité sur tous les continents actuellement, l’accessibilité, ce sont des caractéristiques qui nous permettront de le devenir (un sport olympique). Il y a encore beaucoup de choses à régler mais la fédération mondiale de triathlon a accepté de nous accompagner là-dedans il y a plus de six mois. On va amener ce sport aux Jeux olympiques », affirme-t-il.
Hyrox revendique plus de 80 événements, 550.000 participants et 350.000 spectateurs en 2025. Le principe est simple : boucler le plus rapidement possible un parcours mêlant de la course à pied et des exercices de fitness. Un phénomène de mode, et peut-être plus si affinités. Hyrox peut en effet compter sur un allié de poids au sein du Mouvement olympique avec World Triathlon, qui croît dans ce concept. En juillet dernier, Christian Toetzke avait présenté ses arguments devant le comité exécutif de la FI pour vanter l’intérêt de l’intégration de l’Hyrox parmi les disciplines sous l’autorité de World Triathlon. La fédération a étudié la question et a validé cette collaboration en octobre, lors de son congrès, à Wollongong (Australie).
Une écrasante majorité des membres ont alors voté en faveur de l’intégration de ce qui était désigné sous l’appellation de Fitness Racing. Dans un communiqué, World Triathlon rappelait alors sa volonté « d’identifier de nouvelles opportunités pour l’avenir, de travailler avec des organisateurs privés et de se concentrer sur le développement d’une organisation davantage axée sur le commerce, prête et disposée à s’engager avec toutes les parties prenantes pour stimuler la croissance du triathlon et des disciplines multisports à travers le monde ». Ces derniers jours, une nouvelle étape a été franchie puisque World Triathlon a annoncé le 17 avril que le règlement des compétitions de cette nouvelle discipline, baptisée « Hyathlon », sera bientôt dévoilé. Le timing sera sans doute serré pour Brisbane 2032, dont le programme sera fixé au cours des prochains mois. Mais les portes sont peut-être plus ouvertes que jamais dans le cadre du processus Fit for the Future.

