— Publié le 20 novembre 2014

Pékin et Almaty, deux rivaux pas si lointains

Candidatures Focus

Il faudra bien s’y faire: les Jeux d’hiver de 2022 seront 100% asiatiques. Les deux villes en lice, dernières survivantes d’une course par élimination, Almaty et Pékin, se situent en Asie. Le choix du vainqueur se fera le 31 juillet 2015 à Kuala Lumpur, en Malaisie, par les membres du CIO. Enfin, les deux équipes de candidature ont présenté leur dossier en début de mois à l’ensemble des comités nationaux olympiques, réunis pour l’Assemblée générale de l’ACNO, au Convention Center de Bangkok, en Thaïlande. FrancsJeux y était. Etude comparée d’un exercice jamais aisé, mais toujours très observé.

Présentation. Classique dans les deux cas. Et très proche l’une de l’autre. Almaty a ouvert le bal, suivie par Pékin. Les deux équipes ont respecté leur temps de parole, 20 minutes pour chacune. La délégation du Kazakhstan s’est exprimée en anglais, celle venue de Chine l’a fait en grande partie en chinois. Sept représentants pour Almaty 2022, dont trois femmes, mais elles n’ont pas pris la parole. Cinp pour Pékin 2022, trois hommes et deux femmes, dont l’une s’est longuement exprimée . Les Kazakhs ont semblé avoir sorti leurs tenues d’un placard fermé depuis la fin des années 70. Les Chinois ont paru un tantinet plus modernes. Même décalage dans la vidéo de présentation de la candidature. Almaty l’a joué un peu grandiloquente, à l’ancienne, avec beaucoup d’images et de bruit, façon rouleau compresseur. Pékin, plus habituée à l’exercice par ses candidatures passées, a proposé un film nettement plus créatif, tout en nuances, affichant une image moderne, tournée vers la jeunesse et l’avenir. Avantage Pékin.

Concept. Sans surprise, les deux villes ont su glisser dans leur présentation la liste complète des mots et expressions que le CIO veut entendre en ces temps de crise: héritage, budget raisonnable, des Jeux pour les athlètes… Almaty a mis en avant son expérience dans les sports d’hiver, acquise notamment par l’organisation des Jeux Asiatiques d’hiver en 2011. Surtout, les Kazakhs ont insisté sur le caractère étonnamment compact de leur projet, l’ensemble des sites de compétition étant regroupé dans un rayon de 35 km. “Les Jeux les plus compacts depuis 30 ans”, ont-ils fièrement énoncé à la tribune. Huit sites seraient déjà prêts, seulement deux resteraient à construire. Les athlètes seraient logés dans un village unique. “Une vraie ville de montagne, où l’est rencontre l’ouest”, ont-ils conclu. Pas mal. Derrière, Pékin a utilisé sans retenue images et infographie pour présenter un dispositif moins classique mais nettement plus incertain, où les épreuves de glace se disputeraient dans la capitale, dont certaines dans les installations des Jeux d’été en 2008 (le curling à la piscine), alors que celles de neige seraient exilées dans la station de Zhangjiakou. Entre les deux, un train à grand vitesse pourrait avaler la distance en 50 minutes. La ville et la montagne, donc. A voir. Avantage Almaty.

Communication. A Bangkok, l’équipe d’Almaty 2022 a été d’une grande discrétion, notamment vis à vis des médias présents à l’Assemblée générale de l’ACNO. Aucune interview n’avait été prévue. A l’inverse, Pékin 2022 a déjà déployé les grands moyens. Son équipe a recruté l’agence Weber Shandwick pour ses relations publiques internationales. Elle a organisé une conférence de presse le matin de sa présentation officielle, distribuant pins et plaquette. Une conférence où, surprise, le maire de Pékin (et président du comité de candidature), Wang Hanshun, a quitté la salle avant la séance des questions, invoquant un “agenda très serré.” Avantage Pékin.

A moins de neuf mois du vote, il semble encore difficile de désigner un favori évident entre Almaty et Pékin. Mais une chose est sûre: les Chinois savent mener une campagne. Ils en ont l’expérience et les moyens.