— Publié le 28 octobre 2026

Michel Bourez : « J’espère transmettre aux jeunes, mais j’aurai aussi beaucoup à apprendre d’eux »

Dakar 2026 Focus

Une quarantaine d’athlètes ont été sélectionnés pour être athlètes modèles lors des Jeux olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026. Le but : accompagner les jeunes athlètes en compétition et partager leur expérience. Le surfeur Michel Bourez, qui avait participé aux grands débuts de son sport aux JO de Tokyo en 2021, en fait partie. Avant de s’envoler pour le Sénégal, où il restera du 30 octobre au 3 novembre, il a évoqué ce rôle un peu particulier pour Francs Jeux.


Comment êtes-vous devenu Role Model ?

J’ai été contacté directement par l’ISA, la Fédération internationale de surf, qui m’a proposé d’endosser ce rôle. C’est une belle reconnaissance et une occasion de partager mon expérience avec les jeunes. La transmission, c’est quelque chose qui compte beaucoup pour moi. J’ai eu la chance de vivre de belles expériences grâce au surf, de voyager et de participer aux Jeux olympiques. Aujourd’hui, j’ai envie de partager ce que j’ai appris et d’aider les jeunes à croire en leurs possibilités. Quand tu viens d’une île comme Tahiti, tu sais que certains rêves peuvent sembler très loin. J’aimerais leur montrer qu’ils peuvent quand même être accessibles.

Quelle est votre vision de ce rôle ?

Pour moi, être Role Model, ce n’est pas se présenter comme quelqu’un de parfait. C’est être disponible, écouter et parler honnêtement de son parcours. On voit souvent les résultats d’un sportif, mais moins les doutes, les défaites et le travail derrière. Je veux que les jeunes puissent poser leurs questions et qu’on ait de vrais échanges.

Qu’espérez-vous apporter et partager avec les jeunes que vous allez rencontrer ?

J’aimerais leur transmettre de la confiance, le goût de l’effort et surtout le plaisir de pratiquer. Dans mon parcours, j’ai appris qu’on ne contrôle pas toujours le résultat, mais qu’on peut travailler sur sa préparation, son attitude et sa façon de réagir après une défaite. Et je voudrais leur rappeler qu’on peut avoir de grandes ambitions tout en restant soi-même et attaché à ses origines.

Connaissez-vous déjà le Sénégal ?

C’est mon premier séjour sur place. C’est aussi ce qui m’intéresse dans cette expérience : rencontrer les gens, découvrir leur quotidien et leur rapport à l’océan. Je viens pour partager, mais aussi pour apprendre.

Les JOJ, ça représente quoi pour vous ?

Pour moi, les JOJ, c’est une occasion incroyable de vivre une première expérience olympique, de rencontrer des jeunes d’autres pays et de découvrir d’autres disciplines. À cet âge-là, ce sont des rencontres qui peuvent te marquer et te donner envie d’aller plus loin. J’aurais vraiment aimé vivre ça au début de ma carrière. Quand tu grandis à Tahiti, pouvoir voyager, te confronter aux autres et voir où ta passion peut t’emmener, ça ouvre beaucoup de portes. Aujourd’hui, je suis heureux de pouvoir partager mon expérience et encourager ces jeunes à croire en eux.

Participer, à votre manière, au premier événement olympique de l’histoire sur le sol africain, ça a une résonance particulière pour vous ?

Oui, c’est une fierté de pouvoir y participer à ma manière. Je viens d’une petite île du Pacifique, et je sais ce que ça représente de voir son pays, sa culture et sa jeunesse mis en lumière. Je trouve ça fort que les jeunes Sénégalais et Africains puissent vivre un événement comme celui-là chez eux. Ce sera mon premier séjour au Sénégal, donc je viens aussi avec beaucoup de curiosité et l’envie de découvrir. J’espère transmettre quelque chose aux jeunes, mais je suis certain que j’aurai aussi beaucoup à apprendre d’eux.

Le surf est présent en tant que sport d’engagement. C’est aussi une opportunité pour développer votre sport dans cette région et sur le continent ?

Oui, je pense que ça peut donner envie à beaucoup de jeunes de découvrir le surf. Cet événement peut aussi mettre en lumière les surfeurs et les personnes qui travaillent déjà sur place pour développer la pratique. Mais pour que l’effet dure, il faut que les jeunes puissent continuer après : avoir accès à du matériel, être accompagnés et pratiquer dans de bonnes conditions. Pour moi, ce serait une belle réussite si ces rencontres donnaient naissance à des projets qui continuent bien au-delà des JOJ.