— Publié le 25 octobre 2026

Pierre Trochet avant le premier NFL Paris Game : « Ce n'est jamais un one shot »

Interview Focus

La France est désormais sur la carte de la NFL. Les Saints et les Steelers disputent ce dimanche le premier match de l’histoire de la prestigieuse ligue dans l’Hexagone, au Stade de France. Pierre Trochet, président de la Fédération internationale de football américain (IFAF), ne pouvait pas manquer ça. Entre deux réunions, le Français a répondu aux questions de Francs Jeux dans un hôtel du huitième arrondissement de Paris.


Comment vous sentez-vous avant ce premier match de NFL à Paris ?

Très content ! C’est excitant d’être président de la FI au moment du premier match à la maison en France. J’ai de la famille qui vient au match. On aura le drapeau tricolore, La Marseillaise, c’est un grand moment de fierté. Une petite partie de moi est très contente d’avoir pu participer modestement à ça en tant qu’interface entre la NFL et le Mouvement olympique. C’est très spécial, c’est un grand moment en tant qu’enfant du foot. J’ai appris à jouer au foot en France, j’ai joué en France, j’ai eu la chance de porter le maillot de l’équipe nationale. On est là pour faire des affaires, faire grandir le sport, mais on garde cette petite étincelle.

 

Vous avez pu sentir l’atmosphère monter ces derniers jours à Paris ?

Complètement. Paris se met aux couleurs de la NFL. La France, encore une fois, se place comme un hôte privilégié des grands événements sportifs internationaux. C’est marrant parce que la dernière fois que j’étais à Paris avec le commissaire (Roger) Goodell, c’était pendant les Jeux olympiques. On se retrouve à Paris, avec la NFL House, le terrain au Champ de Mars, plein de magasins aux couleurs de la NFL… Le stade va être plein, ça va être incroyable.

C’était important d’avoir aussi une animation flag football, qui plus est dans un lieu comme le Champ de Mars, devant la tour Eiffel ?

Evidemment, avoir un terrain de flag football sur le Champ de Mars, c’est marquant. Mais au-delà de ça, c’est quelque chose de naturel. On fait ça partout : Brésil, Allemagne, etc. On a eu des animations avec la FFFA et avec les écoles. On est vraiment dans une intégration à 360 degrés autour du match. Le flag, c’est la porte d’entrée de tous les footballs. Quand on a sept ans, c’est plus facile de comprendre le flag. Cela permet aussi de faire jouer ensemble les garçons et les filles. Il y a deux pratiques (le tackle et le flag), mais au final, on se passe le ballon, on marque des touchdowns, ça reste le même environnement.

Quel héritage laissera ce premier match en France ?

Ce qui va changer, c’est la visibilité. Tout d’un coup, on a l’exposition de ce match, avec des centaines de médias nationaux et internationaux accrédités, des créateurs de contenu, etc. Derrière ce NFL Paris Game, les gens vont switcher sur un match de saison régulière le dimanche, ils vont aller voir d’autres matchs internationaux. C’est le plus gros coup de projecteur que cet écosystème puisse offrir. On a déjà des conventions pour développer le flag football à l’école, on va commencer avec l’Académie de Paris puis se développer dans d’autres régions. Depuis quelques années, il y a une nouvelle catégorie U11/U13. Avant, c’était dur d’aller chercher des pratiquants dans ces catégories et maintenant, la pratique existe dans toutes les régions. Cette legacy, elle est déjà visible avant le match, et ça va se poursuivre. Nos collègues à la NFL l’ont dit : ce n’est jamais un one shot, il y a une volonté de s’installer ici. Peut-être qu’on ira vers d’autres projets : des Académies NFL, la participation des meilleurs athlètes français à des programmes en NCAA, à des bourses en flag, etc.

 

Le match bénéficiera d’un gros dispositif médiatique pour maximiser l’exposition et augmente la notoriété de ce sport : le match sera retransmis par France TV, beIN Sports, DAZN, la chaîne L’Equipe mais aussi les chaînes du créateur de contenu Domingo.

Je trouve ça super, c’est un 360 assez unique. La dernière fois qu’on a eu des événements majeurs de foot américain sur France Télévisions, je n’étais pas bien vieux ! Le live Twitch, la télévision publique, beIN Sports, DAZN, L’Equipe : on voit un investissement pour avoir le plus de visibilité et de fans possible. Il est clair et net que ça va être difficile de passer à côté.

Vous avez échangé avec la FFFA sur la stratégie à adopter pour maximiser les retombées ?

Oui, depuis longtemps d’ailleurs. Il y a un fort investissement de tous les acteurs. Il y a des activations dans les 400 clubs de la fédération. La FFFA a doublé ses chiffres de participation. Les licences coaching flag ont augmenté de quasiment 75% sur deux ans, ça va de pair. La FFFA était là dès le départ, et elle continuera dès qu’il y aura un match international. C’est le cœur du partenariat qu’on a avec la NFL : tous les acteurs sont ensemble, on ne laisse personne sur le côté. On travaille avec nos membres sur les infrastructures, les arbitres, les arbitres, le leadership féminin, etc. On voit le flag, l’inclusion aux Jeux, les matchs, mais on prend en compte toute la pyramide et tout l’écosystème.

 

La NFL a créé un poste de directeur en France et elle a ouvert un bureau à Paris. Vous sentez une volonté claire de leur part de s’installer sur la durée ?

Je pense, oui. Dans l’investissement de la NFL aux côtés de l’IFAF dans l’écosystème général du foot américain et du flag, il n’y a jamais eu de pensées à court terme. C’est un engagement fort. Brett (Gosper) l’a dit sur les matchs internationaux : on n’est pas là pour du one shot, on s’installe, on explore le marché, on cherche des partenaires, on s’implante sur du long terme. Comme un match de foot américain : ça se joue sur quatre quart-temps, même si on est mené au score il ne faut pas lâcher l’affaire avant le coup de sifflet final !