
Photo : Dakar 2026.
Huit ans après, les Jeux olympiques de la Jeunesse reviennent enfin. Prévus en 2022, les JOJ de Dakar ont dû être reportés à 2026 à cause de la pandémie de Covid-19. Cette édition sera la quatrième après Singapour 2010, Nankin 2014 et Buenos Aires 2018. Elle pourrait aussi être la dernière des JOJ tel qu’on les connaît. Le processus d’attribution de l’édition 2030 a été mis sur pause au printemps alors que Bangkok, Asunción et Santiago s’étaient lancés dans la course : le CIO a exprimé son intention de repenser l’événement, laissant toutes les portes ouvertes pour l’avenir.
« Est-ce la meilleure façon d’embarquer la jeunesse dans le Mouvement olympique ? »
Kirsty Coventry a évoqué le sujet, devant la presse comme dans la revue olympique : « Dakar 2026 intervient à une période où le CIO travaille sur l’avenir des Jeux olympiques de la Jeunesse dans le cadre de l’agenda Fit for the Future. Des changements ont déjà été apportés au programme sportif et à d’autres aspects des Jeux de Dakar, mais des transformations plus profondes pourraient voir le jour pour les éditions futures des JOJ. Nous devons réellement analyser la situation si nous souhaitons que les JOJ se poursuivent. »
Le CIO pointe clairement dans le guide média de Dakar 2026 que « les JOJ ont été conçus non seulement comme une compétition sportive, mais aussi comme un programme d’éducation et d’échanges culturels destiné aux jeunes ». Coventry a assumé qu’il fallait engager une vraie réflexion et définir « une stratégie claire » autour des JOJ. « Quel est leur impact et l’objectif ? S’agit-il de hautes performances, de formation ? Pour le moment, tout est un peu mélangé et cela ne correspond pas forcément aux attentes de chacun. Dakar sera magnifique. Ce sera une expérience inoubliable pour tous ces jeunes athlètes. Je pense qu’ils en ressortiront très inspirés par les valeurs olympiques. Mais pour l’avenir, nous devons réévaluer ce que sont les JOJ et ce qu’ils devraient être. »
Jean-Christophe Rolland partage ces doutes. « Les JOJ ont démontré de très belles choses, mais est-ce que c’est la meilleure façon aujourd’hui d’embarquer la jeunesse dans le Mouvement olympique ? Est-ce que c’est le meilleur investissement pour le développement du sport auprès des jeunes ? C’est une question légitime », confie le président de World Rowing à Francs Jeux. « Il faut toujours se remettre en question. Il ne faut surtout pas voir les JOJ comme une réplique des Jeux olympiques chez les plus jeunes. La performance est au cœur des JO, où l’on a les meilleurs athlètes du monde. Aux JOJ, la performance fait partie, ou a fait partie, de l’équation, mais ça va au-delà. Les objectifs des JOJ sont différents de ceux des JO, force est de constater que des adaptations sont certainement nécessaires. »
L’hypothèse d’un nouveau format plus régionalisé, où les JOJ deviendraient des Jeux continentaux de la jeunesse, a été évoquée. « L’investissement des JOJ est conséquent et un nombre limité de jeunes y ont accès, poursuit Rolland. Certes c’est une expérience extraordinaire pour eux, mais on touche un public très limité. Si on engageait cette voie par continent, peut-être qu’on aurait un impact un peu plus conséquent, avec le même investissement. Je n’écarte pas cette possibilité. La réflexion est en cours, il faudra adapter de toute façon ce concept, être plus efficient dans la façon dont on investit dans le Mouvement olympique et dans le sport. » L’édition 2030 paraît assurément très lointaine.

