— Publié le 19 octobre 2026

Des sanctions de l'UE contre les FI réintégrant pleinement les Russes ?

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Photo : UWW.

La guerre continue de faire des victimes en Ukraine, notamment des civils. Pourtant, la Russie ne cesse de gagner du terrain dans le sport international, comme si de rien n’était. L’Union européenne est particulièrement attentive à la situation. Elle ne compte pas desserrer son étreinte puisque de nouvelles sanctions ont été prises la semaine passée contre les forces militaires et industrielles de la Russie. Selon POLITICO, elle envisage d’aller encore plus loin, notamment dans le domaine sportif. Et potentiellement de faire pression sur les fédérations sportives les plus « permissives ».

Subventions suspendues et visas bloqués ?

Le média américain vient de révéler un document du Service européen pour l’action extérieure, daté du du 16 septembre. On y apprend que « les hauts responsables de la politique étrangère de l’UE envisagent actuellement différentes mesures afin de fermer la porte à la réintégration de la Russie ». Le sport est « devenu de plus en plus un outil d’instrumentalisation politique par la Russie et la Biélorussie », note le document, d’où la réflexion de l’UE sur des sanctions dans ce domaine. Le drapeau et l’hymne russes ont fait leur retour dans un certain nombre de compétitions internationales ces derniers mois, en judo, en taekwondo, en escrime, en lutte ou encore aux Jeux paralympiques d’hiver.

En juillet, le CIO a quant à lui levé, à titre provisoire, la suspension du Comité olympique russe. Le ministère français des Sports avait exprimé « son profond regret face à une décision qui tend à normaliser la situation actuelle en dépit de sa gravité ». Le communiqué précisait que la ministre Marina Ferrari allait engager « sans délai un dialogue avec l’ensemble de nos partenaires européens » pour examiner ce sujet et demandé à ce qu’il soit inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres des Sports de l’Union européenne. En revanche, le CIO ne s’était pas mouillé sur la présence « du drapeau, de l’hymne et des couleurs russes lors des Jeux olympiques », indiquant qu’il se prononcerait « en temps voulu ». Il ne l’a pas encore fait, et l’UE souhaite en profiter pour prendre les devants.

Elle compte « mener une action coordonnée pour empêcher la normalisation et l’instrumentalisation politique du sport tant que la guerre d’agression se poursuit ». L’UE envisage de faire pression sur les fédérations sportives pour maintenir les symboles russes hors des compétitions. Cela pourrait passer par la suspension des subventions européennes aux fédérations levant toutes les restrictions. Autres options évoquées : viser les flux financiers et dissuader les diffuseurs et les sponsors de soutenir des compétitions qui offrent une tribune à la Russie, ou restreindre l’octroi de visas pour les athlètes russes. La question fait directement écho à l’actualité puisque la semaine passée, les Pays-Bas ont refusé les visas de trois gymnastes russes qui espéraient concourir aux Championnats du monde à Rotterdam. Maintenant, reste à savoir qui de l’UE ou du CIO bougera le premier. Le bureau exécutif du CIO doit encore se réunir deux fois d’ici la fin de l’année, à Dakar le 30 octobre et à Lausanne le 14 décembre. On ignore si le sujet russe sera à l’agenda.