Pas de lune de miel pour Franz Reindl. Tout juste élu, le nouveau président de la Fédération internationale de hockey sur glace a vu arriver un épineux dossier sur son bureau, le 30 octobre, avec la décision du Tribunal arbitral du sport d’ordonner le retour de la Russie. Le TAS a estimé que les arguments de l’IIHF, qui invoquait notamment des raisons de sûreté et de sécurité, n’étaient pas étayés par des preuves suffisantes pour justifier l’exclusion des équipes russes. Une décision lourde de conséquences, qui a plongé l’IIHF dans une zone de turbulences.
Les fédérations européennes et les sponsors sortent les griffes
Dès l’annonce du TAS, la Fédération internationale a exprimé sa déception et son désaccord. Elle a de nouveau communiqué mercredi pour alerter sur les problèmes qui se posent : « La réintégration immédiate des équipes russes pose d’importants défis pratiques et sportifs, notamment en matière de visas et de conditions d’entrée, de mesures de sécurité, de contraintes logistiques et de conséquences sur les formats de compétition, le tout aggravé par le peu de temps disponible, certaines compétitions devant débuter dans quelques semaines seulement. L’impact mondial de la décision rendue par la chambre du TAS et les défis qu’elle engendre pour toutes les parties concernées ont été considérablement sous-estimés. »
Le TAS a en effet ordonné que ce retour soit effectif dès le Championnat du monde junior, au Canada, du 26 décembre au 5 janvier. Le Premier ministre canadien Mark Carney a cependant assuré qu’il n’accepterait pas une participation de la Russie sur son sol… La Russie devra aussi être autorisée à participer aux Championnats du monde des moins de 18 ans – en Tchéquie pour les filles (8-16 janvier), aux États-Unis pour les garçons (22 avril-2 mai) -, au Championnat du monde masculin, en Allemagne (14-30 mai), et au Championnat du monde féminin, au Canada (novembre 2027). Les fédérations nationales européennes ont pris position : la Tchéquie, le Danemark, la Finlande, la Norvège, la Lettonie, l’Autriche et la Suède ont prévenu qu’elles refuseraient de jouer contre la Russie.
Le malaise gagne aussi les sponsors. Skoda, principal sponsor du Championnat du monde masculin, a laissé entendre qu’il pourrait se retirer si la Russie y participe : « Alors que l’agression russe se poursuit, nous estimons que le retour de l’équipe nationale russe au championnat du monde est incompatible avec les valeurs que nous avons toujours défendues. Si l’équipe nationale russe participe au tournoi, nous réévaluerons notre implication dans celui-ci et prendrons des mesures supplémentaires. Nous suivons activement la situation, restons en contact étroit avec nos partenaires et sommes convaincus qu’une solution constructive pourra être trouvée. » Le fabricant finlandais de pneumatiques Nokian Tyres s’est également opposé à l’idée d’être associé à un tournoi intégrant la Russie.
« Notre contrat de sponsoring avec l’IIHF couvre les Championnats du monde 2026 et 2027, et notre coopération autour du tournoi 2026 a été très fructueuse. Toutefois, dans les circonstances actuelles, poursuivre ce sponsoring si la Russie participe ne serait pas conforme à nos valeurs. Nous avons donc décidé de mettre fin à notre sponsoring du Championnat du monde 2027 si la Russie est autorisée à y participer », a prévenu Tiina Frazer, vice-présidente senior chargée de la marque, du marketing et de la communication. L’entreprise suédoise AJ Products a quant à elle demandé à ce que son logo n’apparaisse pas en présence des Russes. La pression se fait de plus en plus forte pour l’IIHF, qui « poursuit son dialogue avec les fédérations nationales membres, les comités d’organisation, les autorités hôtes et les autres parties prenantes clés afin de déterminer la meilleure voie à suivre ».

