Il reste un mois. Un mois où tout peut basculer dans la course à la présidence de la FIFA. Les candidats ont jusqu’au 18 novembre pour se lancer. Pour l’heure, Gianni Infantino a encore les coudées franches. Seul l’ancien défenseur Ramon Vega a officialisé sa candidature, mais il titillera difficilement le président sortant. En attendant d’autres concurrents, Infantino occupe le terrain. Il a justement poursuivi son opération reconquête lors de la première réunion du Conseil de la FIFA depuis la Coupe du monde, jeudi, à Zurich.
Un groupe de travail interne, mais pas d’examen indépendant
Le président de la FIFA a présenté ses excuses pour « les erreurs commises au cours du processus visant à proposer la création de FIFA Forward Enterprise (FFE) ». L’initiative, présentée après la Coupe du monde, lui a valu une pluie de critiques, sur le fond comme sur la forme. Plusieurs de ses proches collaborateurs l’ont même lâché publiquement. « Le Conseil de la FIFA a convenu de mettre en place un groupe de travail qui comptera des membres de chaque confédération afin d’examiner en détail la cadre de gouvernance de la FIFA », précise l’instance dans un communiqué.
Cette réponse n’a pas convaincu l’Alliance mondiale pour l’intégrité dans le sport (SIGA), qui estime qu’un examen externe indépendant est essentiel. « Un groupe de travail dirigé en interne peut contribuer de manière significative à l’élaboration de réformes institutionnelles. Cependant, la consultation interne et l’examen indépendant poursuivent des objectifs différents, souligne la SIGA. Tout examen crédible de la gouvernance doit satisfaire à cinq exigences essentielles : l’indépendance dès le départ ; un mandat suffisamment complet ; un accès total aux éléments de preuve pertinents et une évaluation au regard de normes objectives ; la transparence du processus et des conclusions ; et une mise en œuvre efficace soutenue par un suivi indépendant. »
La FIFA a aussi annoncé que sa commission de la responsabilité sociale va procéder à un examen du très controversé Prix de la paix de la FIFA. Il a été remis pour la première fois à Donald Trump en 2025, dans des conditions relativement obscures, et beaucoup d’observateurs extérieurs y ont vu un « cadeau » d’Infantino au président des États-Unis. « Une décision sera prise lors de la prochaine séance du Conseil, en décembre 2026 », ajoute la FIFA, traduisant un certain flou sur l’avenir de cette récompense.
Arsène Wenger, d’allié à adversaire ?
Gianni Infantino a appelé à « nous tourner vers l’avenir, dans un esprit de concorde et dans l’intérêt du football », préférant évidemment mettre l’accent sur d’autres sujets. Il a ainsi présenté une proposition pour que la FIFA porter son investissement à 6,35 milliards de dollars « dans le développement du football auprès de ses 211 associations membres, des confédérations et d’autres parties prenantes ». Le montant des fonds à distribuer au cours de la période 2027-2030 serait ainsi multiplié par plus que deux. La proposition sera finalisée dans les prochains mois en vue d’une approbation en mars lors du Congrès.
Un Congrès où, malgré cet été agité, sa réélection reste à l’heure actuelle plus que probable. Le comité exécutif de l’UEFA doit cependant se réunir rapidement pour « étudier les candidatures » susceptibles de lui faire barrage. Victor Montagliani, président de la CONCACAF, a décidé de ne pas y aller. Le nom d’Arsène Wenger était encore cité ces derniers jours. Le légendaire entraîneur d’Arsenal, aujourd’hui directeur du développement mondial du football à la FIFA, s’est désolidarisé d’Infantino cet été en rappelant que la FIFA devait servir le football « avec engagement, transparence et intégrité ». L’Alsacien n’a pas encore pris de décision et est encore dans l’hésitation selon L’Equipe.

