Le Pass Sport a été lancé en 2021 pour encourager la pratique sportive des jeunes en France, via un soutien financier pour la prise d’une licence dans un club. L’an passé, la dispositif a évolué pour se recentrer sur les 14-17 ans. Pourquoi ? Parce que selon l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), le taux de licences diminue à partir de 14 ans. La ministre des Sports Marina Ferrari n’avait pas exclu de « réajuster le dispositif », consciente des critiques nées de la mise à l’écart des 6-13 ans. Cette catégorie sera à nouveau incluse en 2026-2027. « Dans un contexte budgétaire contraint, nous avons fait le choix de rétablir à la rentrée 2026 le Pass Sport pour les 6-13 ans car c’est une dépense utile, efficace et socialement juste », expliquait Marina Ferrari il y a quelques mois. À un mois et demi de la rentrée, les modalités restent toutefois incertaines.
« Aidons le sport à aider la France »
Quelque 300 personnalités, dont Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français, Stéphane Nomis, président de la Fédération française de judo, et de nombreux élus, maires ou conseillers municipaux, ont signé une lettre demandant une clarification rapide, dans l’intérêt du public ciblé. « Le retour du pass Sport pour les enfants de 6 à 13 ans, annoncé par la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative et prévu lors de l’examen du PLF 2026, constitue une bonne nouvelle. Encore faut-il que cette annonce se traduise rapidement par des décisions claires, écrivent-ils. À quelques semaines de la rentrée, il est inacceptable que les familles, les clubs et l’ensemble du mouvement sportif ne sachent toujours pas quelles seront les modalités d’attribution et d’utilisation du dispositif. Comment les associations peuvent-elles préparer leurs campagnes d’inscription ? Comment les familles peuvent-elles anticiper le coût d’une licence sans connaître les aides auxquelles elles auront droit ? »
« Si l’objectif était de rendre le pass Sport inefficace, de décourager les familles et de compliquer la tâche des clubs, il serait difficile de s’y prendre autrement. Le pass Sport doit être simple, lisible et opérationnel avant la rentrée de septembre. Les règles doivent être connues suffisamment tôt pour permettre aux clubs d’organiser leurs inscriptions et aux familles de prendre leurs décisions sereinement », appuie le texte, en rappelant que la formule allégée du pass a provoqué, en 2025-2026, « une baisse des inscriptions, en particulier parmi les enfants issus des familles les plus modestes ». L’automne dernier, Marina Ferrari avait aussi reconnu, dans Ouest-France, « une chute des prises de licence sur les 6-13 ans, et un très léger effet sur les 14 ans et plus, ce qui veut dire qu’on n’a peut-être pas fait le bon choix à ce moment-là ».
Les signataires de la lettre mettent l’accent sur l’importance de favoriser la pratique sportive. « Dans un pays où la sédentarité progresse, avec des conséquences majeures sur la santé publique, investir dans le sport est un choix de responsabilité. Chaque euro consacré à l’activité physique en épargne demain plusieurs à notre système de santé. Le sport est aussi un formidable outil d’éducation, d’émancipation et de cohésion sociale. (…) Nous appelons donc le Gouvernement à publier sans délai les modalités du pass Sport 2026, afin que les familles et les clubs puissent préparer la rentrée dans de bonnes conditions. Faisons du sport un droit pour chaque enfant, et non un privilège. Aidons le sport à aider la France. » L’an passé, le Pass Sport offrait une aide de 70 euros par enfant.

