— Publié le 10 septembre 2026

World Athletics explore de nouveaux horizons avec l'Ultimate Championship

Événements Focus

Photo : World Athletics.

L’ambition de Sebastian Coe est en passe de se concrétiser : Budapest accueille, du 11 au 13 septembre, la première édition de l’Ultimate Championship. Une toute nouvelle compétition pensée pour présenter l’athlétisme sous un jour différent, plus moderne, plus attrayant. Seulement seize disciplines sont au programme. Les places sont tout aussi chères pour les athlètes : l’Ultimate Championship se revendique comme une compétition de cadors entre les champions du monde, les champions olympiques, les vainqueurs de la Ligue de Diamant et les athlètes les mieux classés au niveau international. World Athletics promet ainsi du spectacle, mais aussi des innovations.

« Il était grand temps d’essayer quelque chose de nouveau »

Le plateau a fière allure : le sprinteur américain Noah Lyles, la championne olympique du 100 mètres Julien Alfred, la star du saut en hauteur Gianmarco Tamberi, le double champion olympique Jakob Ingebrigtsen, qui s’alignera sur le 1.500 et le 5.000 mètres, Grant Holloway, Faith Kipyegon, Marileidy Paulino, Femke Bol, Gabrielle Thomas, Sydney McLaughlin-Levrone… et évidemment Armand Duplantis. Le recordman du monde du saut à la perche sera plus qu’un participant : il fait partie des grands ambassadeurs de la compétition, dont il a même créé l’hymne, logiquement intitulé Gold. Le Suédois chantera d’ailleurs son titre en direct dimanche lors de la cérémonie de clôture.

« Je trouve ça super excitant, glissait-il face à la presse il y a quelques jours. C’est pour ça que je me suis engagé très tôt dans ce projet, dès le début, parce que je croyais tout simplement au concept et que je pensais qu’il était grand temps d’essayer quelque chose de nouveau, d’innover un peu dans le monde de l’athlétisme, en organisant ce genre de championnats. (…) J’ai vraiment hâte. Ils abordent clairement ce championnat d’une manière peut-être plus moderne que les précédents, et je pense que ça va être très intéressant de voir quel genre d’impact cela aura. Je pense que ça va être énorme. »

Les athlètes présents à Budapest y trouveront leur compte puisqu’ils se partageront un prize money de 10 millions de dollars. Des choix forts ont aussi été faits sur le programme : pas de place pour le 3.000 mètres steeple, le lancer de disque, le lancer de poids, alors que le marteau n’est présent que chez les hommes, et le triple saut que chez les femmes. Seulement deux relais seront disputés, le 4×100 et le 4×400, et ils seront mixtes. Des disciplines triées sur le volet, au nom du spectacle, mais aussi pour maximiser l’exposition de chacune et éviter qu’elles se marchent sur les pieds, ce qui arrivent généralement lors des événements plus denses.

Une compétition sans médailles

« L’Ultimate Championship est clairement une compétition sportive, mais avec une touche d’innovation. Nous ne voulions pas simplement créer un énième championnat du monde. C’est un format plus court : trois jours, trois nuits, moins d’athlètes, pas toutes les disciplines, mais un équilibre entre hommes et femmes, avec un prize money très important », résume Sebastian Coe. Il y aura une draft, à l’américaine, pour décider des séries et des couloirs où seront placés les athlètes. Pas d’égalité possible en hauteur ou à la perche, n’espérez pas revivre la scène où Gianmarco Tamberi et Mutaz Essa Barshim s’étaient mis d’accord pour se partager le titre olympique de la hauteur à Tokyo : il n’y aura qu’un seul gagnant, déterminé à l’issue d’un saut de barrage en cas d’égalité.

Cette importance accordée à la victoire se retrouve dans les récompenses remises aux athlètes : pas de médailles, mais un trophée en forme d’étoile remis aux vainqueurs. « L’idée de ce championnat, c’est qu’un athlète s’impose comme le meilleur. La remise de récompenses aux trois premiers ne semblait pas correspondre à ce principe fondamental », assume Sebastien Coe. World Athletics promet une expérience inédite pour les téléspectateurs : visuels intégrant la réalité augmentée, nouveaux indicateurs de données, probabilités de victoire… Des javelots intelligents, équipés de capteurs, seront par exemple utilisés pour offrir des données en temps réel (rotation, vitesse, trajectoire, etc.), renforcer l’expérience du public et appuyer l’analyse des performances.

Visuellement, la partie centrale du stade sera noire, offrant un contraste saisissant avec la piste qui l’entoure. Pour la toute première fois, des interviews de type « centre court » seront diffusées dans le stade. De grands groupes diffuseront l’événement, comme L’Equipe en France, la BBC au Royaume-Uni, NRK en Norvège, NBC aux États-Unis ou TBS au Japon, ce qui devrait faciliter son exposition. « Ces innovations donnent un avant-goût de la manière dont nous comptons faire évoluer ce sport », annonce Coe. Maintenant, place au show !