— Publié le 30 septembre 2026

Luc Tardif passe la main avec le sentiment du devoir accompli

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Un seul mandat peut suffire à marquer les esprits, et l’histoire de sa fédération. C’est ce qui s’est passé avec Luc Tardif, qui s’apprête à passer le relais après cinq ans comme président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF). Le dirigeant n’a pas souhaité se présenter pour un nouveau mandat. Son successeur, que l’on connaîtra vendredi, ressentira probablement une certaine pression à l’idée de devoir se mettre dans ses souliers.

La NHL, un partenaire particulier avec lequel il a su renouer

Président de la Fédération française de hockey sur glace, il pousse la porte de l’IIHF en 2008 pour en rejoindre le comité de compétition. En 2010, il devient membre du Conseil et en 2012, on lui confie le poste de trésorier. Il a aussi dirigé le comité de finance. Bien installé, il se lance dans la couse à la présidence en 2021. Quatre candidats lui font face le jour de l’élection : Henrik Bach Nielsen, Petr Briza, Sergej Gontcharov et Franz Reindl. Après quatre tours de scrutin, il accède au poste qu’il convoitait avec 63% des voix face à Reindl.

Il est parvenu à relancer les activités de l’IIHF dans un contexte post-Covid délicat. Il a mené d’âpres négociations avec la NHL pour assurer la présence des meilleurs joueurs de la planète aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. Ce ne fut pas une mince affaire après les échecs de 2018 et 2022, mais tout le monde y a trouvé son compte et le tournoi a largement répondu aux attentes. Tellement que les joueurs de la ligue nord-américaine devraient à nouveau participer à la fête dans les Alpes françaises en 2030, et évidemment dans l’Utah en 2034.

Son mandat a aussi été marqué par l’ouverture vers des pays moins traditionnellement tournés vers le hockey sur glace et par le développement du 3×3, qu’il espère voir au programme olympique à l’avenir. « On l’a déjà expérimenté aux Jeux olympiques de la Jeunesse en 2020 et en 2024. Avec le rugby à VII, le basket 3×3, le beach volley, on voit des formules qui sont peut-être plus adaptées aux nouvelles générations, et aussi à des pays en développement, nous confiait-il l’an passé. Partout dans le monde, beaucoup de patinoires ne sont pas aux dimensions pour faire des compétitions traditionnelles. C’est le cas en Amérique du Sud par exemple, donc on fait des démonstrations de 3×3. »

Il passe la main avec le sentiment du devoir accompli, et auréolé du statut de membre du Hall of Fame de la Fédération internationale. « Les années s’accumulent et il faut laisser la place aux jeunes, expliquait-il auprès de 20 Minutes au printemps. Que ce soit professionnellement ou dans le hockey, j’ai toujours arrêté pour être sûr de ne pas faire la saison de trop ou le mandat de trop. » Il compte désormais, à 73 ans, passer plus de temps auprès de sa famille. Il ne restera pas bien loin de son sport pour autant puisqu’il devrait être impliqué dans les Championnats du monde 2028, à Lyon et Paris, et dans les préparatifs des JO 2030.