Dans deux ans, le monde entier aura les yeux rivés sur les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Pour l’heure, pas vraiment de nuage à l’horizon, mais quelques questions. Dont celle-ci : la Russie sera-t-elle de la partie ? Elle n’avait envoyé que 15 représentants aux JO de Paris 2024, sous statut neutre. Les qualifications pour 2028 ont démarré dans plusieurs sports et les barrières, petit à petit, se relèvent du côté des fédérations internationales.
Une communication renouée avec le CIO
La Russie a accueilli l’élection de Kirsty Coventry, en 2025, avec un certain soulagement : du sang neuf à la tête du CIO et un espoir d’ouverture. La nouvelle leader du Mouvement olympique a adopté une posture moins ferme que son prédécesseur Thomas Bach. « Un dialogue est en cours, répétait Mikhail Degtyarev, ministre des Sports et président du ROC, à l’agence TASS en mai. Nous ne changeons pas non plans. Nous nous préparons pour les tournois de qualification en vue des Jeux olympiques d’été de 2028 aux États-Unis. » La Russie a engagé plus de 30 millions d’euros cette année à la préparation des prochains JO. Et Degtyarev de glisser une prédiction : « Cette année, nos athlètes seront autorisés à participer à la quasi-totalité des compétitions sportives internationales. »
La suite lui donne raison. Le 7 juillet, la commission exécutive du CIO a annoncé la levée provisoire de la suspension du Comité olympique russe. « Les recommandations concernant les conditions de participation des athlètes et équipes russes, y compris les mesures de protection, ne s’appliquent plus », ajoutait l’institution. Les FI ont petit à petit suivi le mouvement : l’Union internationale de pentathlon moderne, la Fédération internationale de tennis de table, la Fédération internationale de handball et la Fédération internationale de volley ont toutes annoncé le retour des athlètes russes.
World Athletics campe sur ses positions
Certaines avaient déjà pris les devants, signe que les arguments de la Russie étaient entendus. Le 26 juin, la Fédération internationale d’haltérophilie avait levé toutes les barrières, dans toutes les catégories d’âge. Ces derniers mois, World Taekwondo, l’Union mondiale de lutte et World Gymnastics avaient également choisi de réintégrer les athlètes russes dans les mêmes conditions que les autres, avec leur drapeau, leur uniforme et, en cas de cérémonie, leur hymne.
Approche similaire chez World Aquatics, dont le président Husain Al Musallam a exprimé l’envie « que les piscines et les eaux libres restent des lieux où les athlètes de toutes les nations peuvent se retrouver pour s’affronter dans un esprit de paix ». La Fédération internationale de judo avait pris les devants dès novembre dernier. « La Russie a toujours été une nation de premier plan dans le monde du judo, et son retour complet devrait enrichir la compétition à tous les niveaux tout en respectant les principes d’équité, d’inclusion et de respect. Les athlètes ne sont pas responsables des décisions des gouvernements ou autres institutions nationales, et il est de notre devoir de protéger le sport et nos athlètes », commentait alors l’IJF. Indéniablement, le sujet divise au sein du Mouvement olympique. Le CIO, lui, a assoupli sa position en décembre dernier en recommandant de lever les restrictions dans les catégories jeunes, mais pas chez les seniors.
World Athletics fait figure d’exception dans ce panorama. Son Conseil a décidé de maintenir l’exclusion des athlètes russes et biélorusses des compétitions internationales. Forcément un coup dur pour les deux pays à un an des Championnats du monde de Pékin (11-19 septembre 2027) et dans l’optique des Jeux. « Aucune avancée concrète vers des négociations de paix ne s’est matérialisée », regrette le président Sebastian Coe, et « il ne fait aucun doute que la capacité de l’Ukraine et de ses athlètes à s’entraîner et à concourir reste gravement compromise ». Le 8 mai, World Tennis avait de son côté annoncé que sa position restait la même quant à la suspension des fédérations russe et biélorusse. Aucune avancée n’est attendue avant l’assemblée générale annuelle du mois d’octobre.

