« Notre avenir s’annonce radieux ! » Rob Stull est toujours enthousiaste quand il s’agit de parler du pentathlon moderne. Jeudi dernier, le président de l’UIPM a échangé près de 45 minutes avec la presse lors d’un briefing, épaulé par la secrétaire générale de la FI, Shiny Fang. Le timing n’est pas anodin alors que l’UIPM vient de signer un partenariat avec TBS et que le programme olympique est au cœur des discussions au sein du processus Fit for the Future du CIO.
Des perspectives commerciales inédites
Mardi, l’UIPM a annoncé un accord avec TBS, la société qui a créé le concept télévisé Ninja Warrior, pour pouvoir utiliser des obstacles dont elle a la propriété intellectuelle dans ses propres compétitions. Une manière de se rapprocher de ce qui fait le succès de l’émission à travers le monde : elle a été adaptée dans plus de 25 pays et a déjà connu 17 saisons aux États-Unis.
« Le sport fait partie du monde du divertissement, et Ninja Warrior intègre de nombreux éléments sportifs, donc nous avons trouvé un terrain d’entente pour collaborer et élargir ensemble notre champ d’action, souligne Rob Stull. Cela fait partie intégrante d’un certain nombre d’accords commerciaux qui sont soit en cours de négociation, soit déjà signés, soit en passe d’être signés. Ce sont tous des partenariats stratégiques destinés à accroître notre couverture médiatique et apporter une valeur ajoutée au pentathlon moderne. » Le président le dit fièrement : « Notre nouveau produit, notre pentathlon repensé, a ouvert des perspectives commerciales bien au-delà de tout ce qui existait auparavant. »
En plus de remplacer l’équitation par l’obstacle, l’UIPM a décidé de réduire la distance de la natation, de 200 à 100 mètres, pour offrir un format encore plus dynamique. La FI se targue d’avoir augmenté sa communauté sur les réseaux sociaux de 71 % depuis 2025. « Nous n’avons jamais été aussi forts, à bien des égards », se félicite Rob Stull. « Notre première Coupe du monde de la saison a battu tous les records en termes de participation des athlètes et de nombre de nations représentées. Ces records ont à nouveau été battus lors de notre deuxième Coupe du monde de la saison, et les inscriptions pour la troisième manche ont dépassé celles des deux précédentes », illustre-t-il. La participation des jeunes a explosé (+127 % depuis 2023) et au niveau élite, la moyenne d’âge des athlètes est passée de 26 ans en 2024 à 22 ans aujourd’hui. Des indicateurs clés pour l’avenir.
Les épreuves olympiques sur une plage en 2032 ?
Le processus Fit for the Future bat son plein, et de nombreuses FI attendent de savoir ce qui les attend : Kirsty Coventry a annoncé qu’il faudra prendre des décisions fortes, notamment en réduisant le nombre de sports présents dès Brisbane 2032, et qu’il y aurait des mécontents. L’UIPM a directement échangé avec la présidente du CIO mercredi. « Une réunion courte, mais néanmoins très fructueuse », assure Rob Stull, qui souligne l’importance de « veiller à ce que le Mouvement olympique et les Jeux olympiques restent véritablement pertinents pour les générations à venir ».
« Maintenant, nous savons exactement ce que recherche le CIO. Nous voyons beaucoup plus clairement comment et où nous devons faire plus, abonde Shiny Fang. Nous sommes confiants et nous pensons qu’il y a un avenir pour nous aussi. » Coventry a insisté sur la nécessité de réduire la complexité des Jeux, notamment en termes de sites de compétition. Ce qui expose théoriquement les disciplines ayant besoin d’un site qui leur est propre.
Pas un souci, répond l’UIPM, qui organise déjà des compétitions dans différentes configurations, dans un stade en plein air ou en indoor, comme aux Championnats du monde 2025 à Kaunas. « Nous avons des piscines de 25 mètres, des piscines de 50 mètres, mais nous avons aussi des épreuves en eau libre. Cela dépend de l’organisateur, explique Rob Stull. Cela nous permet d’organiser notre événement n’importe où, si nécessaire sur une plage. » C’était le cas à Cuba, en mai 2025, lors des Championnats panaméricains. L’UIPM imagine déjà ses épreuves avoir lieu sur une plage de la Gold Coast. « J’ai dit à Kit (McConnell, directeur des sports de Brisbane 2032) : nous voulons être votre solution, pas votre problème, en ce qui concerne les sites. » Est-ce que le pentathlon moderne pose une complexité en la matière ? « Plus maintenant. »

