— Publié le 26 mai 2026

L'Inde doit montrer patte blanche sur la route des JO 2036

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L’Inde a du pain sur la planche si elle souhaite accueillir les Jeux olympiques et paralympiques en 2036. La lutte contre le dopage fait partie des chantiers prioritaires. En 2024, l’Inde est arrivée en tête du classement des pays comptant le plus grand nombre d’athlètes contrôlés positifs pour la troisième année consécutive. Avec 7.113 échantillons et 260 tests anormaux, son taux de positivité de 3,6% sort largement du lot puisqu’aucun autre pays ne dépasse 1,75%. Plusieurs autres signaux d’alarme ont retenti ces dernières semaines.

Un pays « à haut risque » selon World Athletics

En avril, l’unité d’intégrité de World Athletics (AIU) a placé l’Inde parmi les pays à haut risque en matière de dopage, au même niveau que la Russie, la Biélorussie, l’Éthiopie, le Kenya, le Nigeria et l’Ukraine. « La situation du dopage en Inde est à haut risque depuis longtemps et, malheureusement, la qualité du programme antidopage national n’est tout simplement pas proportionnée au risque de dopage », a justifié le président de l’AIU, David Howman. « De plus en plus d’athlètes se font prendre en Inde parce que davantage de contrôles sont effectués », a souligné la Fédération indienne d’athlétisme, en affirmant avoir mis en place « un plan solide ».

Le président de l’Agence mondiale antidopage Witold Banka s’est rendu en Inde mi-avril. Il a rencontré des représentants du gouvernement et a publiquement exprimé son inquiétude lors d’une conférence de presse : « Les substances dopantes et les stéroïdes sont faciles à se procurer en Inde. C’est un problème grave. » Le gouvernement a durci le ton et clamé son intention de criminaliser l’implication dans le trafic de substances interdites, afin de dissuader, autant les fournisseurs que les athlètes et leur entourage. Mais il faudra des résultats, plus que des effets d’annonce, pour convaincre.

« Une question de temps »

L’Agence internationale de contrôle (ITA) a elle aussi exprimé son inquiétude par la voix de son directeur général, Benjamin Cohen. « Nous sommes globalement préoccupés par la situation du dopage en Inde et nous entendons parler de nombreux incidents sur le terrain, confiait-il récemment à The Athletic. Nous entendons également parler d’athlètes qui s’enfuient lorsqu’un contrôle antidopage a lieu, et nous entendons parler de préavis (donnés avant les contrôles). » Pas très rassurant, effectivement.

L’ITA a rencontré l’Association olympique indienne en février lors des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina. La collaboration des deux organisations reste cependant loin d’être acquise. « Je vais être franc : il existe encore une certaine réticence à s’engager avec l’ITA, car on peut avoir l’impression en Inde que cela revient presque à admettre l’échec du système, ou qu’ils ne seront pas considérés comme suffisamment compétents pour gérer leurs propres problèmes, et qu’ils doivent donc s’associer à une organisation internationale indépendante. Il y a un certain scepticisme quant à la façon dont cela sera perçu par la communauté indienne », admet Cohen.

Il y a tout de même des progrès à signaler. Le nombre de contrôles a été multiplié par deux entre 2019 et 2025, signe que les autorités indiennes ont conscience du problème. « Je serais ravi de voir ce chiffre augmenter, car cela indiquerait que le système est plus efficace », a commenté Banka. « Je pense qu’ils sont sur la bonne voie dans la mesure où l’on sait désormais que le Comité olympique indien et le ministère des Sports veulent agir, positive Cohen. Ils veulent investir. Ils disposent des ressources nécessaires, je pense donc que ce n’est qu’une question de temps. » Le CIO attend des progrès, car il apparaît impensable d’attribuer les Jeux olympiques et paralympiques à un pays doté d’un pedigree aussi peu enviable en matière d’intégrité.