Le Congrès de la Fédération internationale de ski et de snowboard s’ouvre mercredi à Belgrade. Tous les regards sont déjà tournés vers la journée de jeudi, qui verra les membres de la FIS désigner un nouveau président. Elu en 2021, Johan Eliasch brigue un deuxième mandat. Pas dans les meilleures conditions toutefois, puisqu’il n’a été soutenu par aucun des deux pays dont il avait la nationalité, la Grande-Bretagne et la Suède. Ce qui l’a poussé à se rapprocher de la Géorgie, dont il a obtenu un passeport et l’appui nécessaires pour se représenter. Mais pourra-t-il résister face à quatre adversaires ?
Deux femmes pour une grande première
Les membres de la FIS auront le choix entre cinq projets et cinq visions, ce qui est d’ores et déjà une très bonne chose pour la démocratie et le débat d’idées. Deux femmes en font partie, ce qui ouvre la porte à une première : jamais la FIS n’a été dirigée par une femme. La Britannique Victoria Gosling, plus jeune de tous les candidats (54 ans), présente un CV long comme le bras. Elle a longtemps travaillé au sein de la Royal Air Force, avant de se tourner vers le sport, occupant de hautes fonctions au sein de l’Association olympique britannique ou de la Fédération nationale des sports de neige (GB Snowsport).
Les fondements d’une fédération internationale unie et performante à ses yeux : « Une plus grande transparence dans la manière dont les ressources financières sont générées et réparties. Une communication plus claire avant que des décisions importantes ne soient prises. La certitude que la voix de chaque fédération est respectée. » Elle prévoit un audit indépendant dès la première année en matière de finances et de gouvernance. Elle estime que la FIS doit évoluer avec des événements urbains, des compétitions par équipes mixtes et une ouverture à de nouvelles disciplines. Elle souhaite aller plus loin dans la prévention des commotions, renforcer la représentation des athlètes au sein de la gouvernance, augmenter le prize money, et optimiser le calendrier pour réduire l’empreinte environnementale.
Membre du Conseil de la FIS depuis 2024 et présidente de la Fédération de ski du Danemark pendant dix ans, Anna Harboe Falkenberg (59 ans) est aussi en lice. Son document de candidature offre un aperçu de sa vision : « Plus nous travaillons en équipe, en respectant les différences et les opinions de chacun, mieux nous pouvons faire progresser notre sport. Je considère la famille FIS comme l’équipe derrière l’équipe, qui place nos athlètes au premier plan et travaille sans relâche pour leur offrir les meilleures bases possibles afin qu’ils atteignent leurs objectifs. Les objectifs des athlètes, à tous les niveaux, sont nos objectifs. » Elle cite l’importance de l’autonomisation, de la collaboration, d’une communication claire, d’un contrôle financier rigoureux et d’une intégrité sans faille pour y parvenir.
Les athlètes, une priorité qui fait l’unanimité
Dexter Paine (65 ans) pourrait également marquer l’histoire en devenant le premier président non européen de la FIS. Dans son document de candidature, l’Américain explique être convaincu que la FIS peut être « plus forte, plus inclusive et plus efficace au service de ses membres et de ses athlètes ». Il met en avant ses multiples expériences comme président de la Fédération de ski et de snowboard des États-Unis, membre du Conseil et vice-président de la FIS, mais aussi fondateur de Paine Swchartz Partners, une entreprise spécialisée dans l’agro-industrie. Parmi ses priorités : placer les athlètes au centre de toutes les décisions majeures, donner une plus grande voix aux fédérations nationales, une gouvernance transparente pour plus de confiance, renforcer l’assise financière de la FIS et moderniser son approche commerciale. Il promet qu’en cas d’élection, il n’exercera qu’un seul mandat de quatre ans.
Dernier challenger : Alexander Ospelt (58 ans), membre du conseil de la FIS depuis 2024 et ancien vice-président de la Fédération européenne (2021-2024). Il présente sa candidature « pour construire des ponts : avec les petites et grandes associations, avec les athlètes, l’industrie, les sponsors, les médias et les fans. La FIS comme je la conçois est ouverte et transparente. Je viens d’une petite nation de ski et j’agis indépendamment de l’agenda des plus grandes fédérations ou des alliances en place pour favoriser des intérêt particuliers. Seule une FIS unie peut demeurer la représentante crédible des intérêts de nos sports. »
Comme ses rivaux, il s’engage à accorder plus d’importance à la voix des athlètes, évoquant des améliorations en matière de sécurité et un meilleur appui pour la préparation de leur reconversion. Il prévient aussi que la FIS doit moderniser son approche commerciale, être un exemple en matière de durabilité et être « ouverte au changement » pour rester une référence. « S’ouvrir à de nouveaux sports et de nouvelles disciplines est aussi important que de continuer à développer ce qui existe déjà, afin d’offrir des formats de compétitions attrayants pour les athlètes, les fans et les médias », glisse-t-il.

