— Publié le 10 juin 2026

Pourquoi la FIFA mise énormément sur la Coupe du monde 2026

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La Coupe du monde de la FIFA démarre ce jeudi, à Mexico, avec le match d’ouverture opposant le Mexique à l’Afrique du Sud. Jusqu’au 10 juillet, 104 rencontres se joueront au Canada, aux États-Unis et au Mexique. De retour en Amérique du Nord pour la première fois depuis 1994, cette édition marquera peut-être un tournant dans l’histoire du tournoi. C’est en tout cas l’ambition de la FIFA, qui promet « la plus grande Coupe du monde de tous les temps ».

Un nouveau format qui doit convaincre

La Coupe du monde telle qu’on la connaissait n’existe plus : la FIFA a décidé de l’élargir, passant de 32 à 48 équipes. Le nombre de matchs va logiquement exploser : alors que 64 rencontres étaient au programme en 2022, il y en aura désormais 104. Conséquence : les équipes devront disputer des seizièmes de finale, et le tournoi durera cinq semaines et demi. Trop ? Ajouter autant d’équipes risque de réduire le niveau global, et donc d’offrir des matchs de moins bon niveau et un spectacle d’ensemble de moins bonne qualité.

Le premier tour pourrait aussi perdre en intérêt puisque dans huit groupes sur douze, le troisième sera qualifié pour la deuxième phase. L’heure de vérité est arrivée. Le verdict sera crucial pour la FIFA puisqu’il déterminera à quel point elle sera en position de force pour négocier les droits TV de la prochaine édition. La longue incertitude sur la diffusion du tournoi en Chine et en Inde, qui pèsent pourtant près de 3 milliards d’habitants, montre qu’il y a encore besoin de convaincre.

L’Amérique du Nord, un marché plein de promesses

La FIFA tirera une grande partie de ses ressources pour les quatre prochaines années de cette Coupe du monde. Gianni Infantino n’a cessé de le rappeler face aux critiques visant le prix des billets : « Nous avons un événement qui génère des revenus pour les quatre années suivantes : la Coupe du monde. Elle dure un mois. Pendant les 47 mois restants, nous investissons ce qui a été gagné pendant ce mois dans l’organisation de compétitions féminines et de jeunes, de formations, de programmes de développement, ainsi que dans les ligues et les fédérations du monde entier. » La capacité financière de la FIFA se jouera donc dans les prochaines semaines.

À plus long terme, ce Mondial représente aussi une opportunité en or de conquérir un nouveau marché. Si le football est considéré comme le sport numéro 1 au monde, il ne l’est pas encore sur le continent américain. Cette Coupe du monde doit permettre à la fusée de décoller. « À l’échelle mondiale, le football représente une activité économique d’environ 3 milliards de dollars par an. 70% de cette activité est générée en Europe, tandis que les États-Unis ne comptent que pour 3% de l’écosystème total », pointait Infantino, début mai, lors de la 29e Global Conference du Milken Institute.

« Depuis 1994, la MLS a parcouru beaucoup de chemin. À l’époque, il n’y avait que dix franchises ; aujourd’hui, elles sont 30. La croissance est belle, mais il est temps de passer à la vitesse supérieure, lance le dirigeant. Les investisseurs états-uniens doivent croire au football états-unien. Ils doivent investir et, bien entendu, faire venir les meilleurs joueurs. Vous l’avez déjà fait avec Lionel Messi, mais vous ne pouvez pas tout miser sur un seul joueur. Vous avez besoin de recruter les plus grands noms et de former vos propres talents. » La réussite de la Coupe du monde sera fondamentale pour enclencher une dynamique.

Une véritable fête ?

La Coupe du monde sera-t-elle à la hauteur de sa promesse de la fête du football ? Des doutes ont émergé ces derniers mois. La politique de Donald Trump a soulevé beaucoup d’inquiétudes. Les opérations anti immigration de l’ICE ont refroidi l’enthousiasme de nombreux supporters, et l’obtention d’un visa a sérieusement compliqué les choses. l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan avait obtenu un visa, mais il a été refoulé à la frontière par les autorités. Il ne sera donc pas au sifflet du Mondial. Des sélections nationales ont aussi rencontré des difficultés de visa, soit pour des joueurs, soit pour des membres du staff.

Des supporters écossais ont été douchés à quelques jours du début du tournoi en apprenant que leur demande de visa, d’abord approuvée, était finalement retoquée. Ils ne sont pas les seuls à avoir renoncé à leur rêve de Coupe du monde à cause de cette procédure. Aux obstacles administratifs se sont ajoutés les obstacles financiers puisque le prix des billets a largement fait grincer des dents et que les États-Unis ont demandé des cautions de plusieurs milliers de dollars pour laisser entrer les ressortissants de certains pays, notamment africains. Le contrôle abrupt des joueurs du Sénégal par les douanes américaines, directement sur le tarmac de l’aéroport, a encore renforcé le doute quant au côté festif et accueillant de cette édition. Même si la FIFA s’évertue à clamer le contraire.