— Publié le 26 avril 2022

Pyrénées-Barcelone 2030, une candidature proche de la limite

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Le temps presse pour l’Espagne. Mais les vents se révèlent contraires. Engluée depuis plusieurs mois dans des querelles sans fin entre la Catalogne et l’Aragon, la candidature des Pyrénées et de Barcelone pour les Jeux d’hiver en 2030 patine et s’enlise.

Dernier couac : le report d’une visite d’inspection par une délégation du CIO. Elle était prévue en mai. Elle est décalée, mais sans nouvelle date.

Le président du Comité olympique espagnol (COE), Alejandro Blanco, l’a confié lui-même aux médias, expliquant qu’une telle visite ne pouvait pas se dérouler dans la situation actuelle. Mais le dirigeant a insisté : les prochaines semaines s’annoncent décisives.

Le mois de mai sera le dernier moment pour rendre tout absolument clair, a expliqué Alejandro Blanco. Nous sommes pressés, car le CIO devait venir en mai pour voir les installations et nous avons dû retarder la visite. Nous sommes aujourd’hui proches de la limite. Si les choses n’avancent pas au mois de mai, nous devrons envisager une nouvelle approche.

Engagé dans une course de vitesse pour boucler le dossier technique, Alejandro Blanco pensait avoir réussi le plus difficile en obtenant le feu vert du gouvernement espagnol. Mais le dirigeant olympique avait sous-estimé un obstacle de taille : la politique.

La bataille entre les deux régions concernées par le projet Pyrénées-Barcelone 2030, la Catalogne et l’Aragon, a pris une nouvelle accélération au cours des dernières semaines avec la révélation de la carte des sites. Elle prévoit un partage des disciplines entre les deux régions : le ski alpin, le snowboard, le ski artistique et le ski-alpinisme dans les Pyrénées, plus le hockey sur glace à Barcelone ; le biathlon, le ski de fond, le patinage (artistique, vitesse et short-track) et le curling en Aragon.

Le dispositif a obtenu l’aval des autorités espagnoles. La Catalogne l’a accepté. Mais l’Aragon n’en a pas voulu, le trouvant injuste et mal équilibré. Ses représentants ont même été jusqu’à boycotter une réunion de travail au début du mois d’avril. Leurs sièges sont restés vides.

Depuis, Alejandro Blanco tente de recoller les morceaux. “Notre candidature a été approuvée par le gouvernement espagnol, insiste-t-il. Ces Jeux d’hiver, nous voulons les faire avec la Catalogne et l’Aragon. C’est notre approche et notre vision. Nous n’en avons pas d’autre. A ce stade, nous n’avons pas encore d’accord. Mais nous allons nous battre pour continuer à aller de l’avant. L’important est que nous obtenions les Jeux en Espagne. Ils profiteront à tout le monde.”

Une nouvelle réunion est prévue dans les jours à venir. Elle remettra sur la table la question de la répartition des sites et des sports entre les deux régions. Sans être annoncée comme décisive, elle pourrait enfin débloquer les tensions, ou au contraire enliser encore un peu plus le projet.

Dans le même temps, Salt Lake City avance ses pions. La capitale de l’Utah n’a pas encore formellement décidé entre tenter sa chance à fond pour les Jeux en 2030, au risque d’une concurrence commerciale avec Los Angeles 2028, ou viser plutôt l’édition 2034. Mais les Américains ne veulent pas traîner en route.

A la différence des Espagnols, ils vont recevoir dans les prochains jours une visite du CIO. Conduite par le Roumain Octavian Morariu, le président de la commission de futur hôte des Jeux d’hiver, la délégation envoyée par Lausanne doit se rendre à Salt Lake City du 27 au 29 avril. Trois journées non-stop pour inspecter les sites proposés, rencontrer les porteurs du projet et peser le pour et le contre de la candidature américaine.

La visite du CIO dans l’Utah sera la première depuis la désignation en décembre 2018 par le Comité olympique et paralympique américain (USOPC) de Salt Lake City comme ville candidate aux Jeux d’hiver.