Institutions - 09/03/2017

Lappartient: « La présidence de l’UCI m’intéresse »

Semaine très électorale pour David Lappartient. Dimanche dernier, le dirigeant français a été réélu par acclamation, à Bruxelles, pour un deuxième mandat de président de l’Union européenne de cyclisme (UEC). Samedi 11 mars, à Paris, il rendra les clefs de son bureau de président de la Fédération française (FFC), une fonction à laquelle il a choisi de renoncer après huit ans d’exercice. L’Europe plutôt que la France, donc. Une façon pour David Lappartient, 43 ans, de préparer une campagne pour la présidence de l’Union cycliste internationale (UCI)? Il a répondu, sans détour ni esquive, aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux: Quelle réaction vous inspire votre réélection, par acclamation, à la présidence de l’Union européenne de cyclisme?

David Lappartient: Je veux préciser que j’étais le seul candidat à ma succession. Mais me retrouver seul en lice constitue sans doute une reconnaissance du travail accompli pendant les 4 années de mon premier mandat. Les 50 pays membres de l’UEC souhaitaient que je continue. Cela étant dit, être élu par acclamation est très agréable.

Que souhaitez vous accomplir, au cours de ce deuxième mandat, que vous n’avez pas réalisé pendant les 4 ans du premier?

Le premier mandat a été consacré à la mise en place de beaucoup de choses. Maintenant, je souhaite consolider l’édifice. Les championnats d’Europe, notamment. Cette compétition doit devenir un véritable événement. Nous avons un contrat avec l’UER (Union européenne de radio-télévision), nous devons en profiter pour augmenter la diffusion des championnats d’Europe et accroître leur valeur. Une autre ambition de ce deuxième mandat concerne les championnats d’Europe omnisports en 2018, à Berlin et Glasgow, où le cyclisme partagera l’affiche avec l’athlétisme, la natation, la gymnastique, le triathlon, l’aviron et le golf. Nous avons beaucoup travaillé sur ce projet. Je veux le voir aboutir, avec l’espoir qu’il soit très réussi. Enfin, nous attachons une grande importance aux Jeux Européens de Minsk en 2019, où le cyclisme doit être représenté par ses quatre disciplines olympiques, la route, le VTT, la piste et le BMX. Nous en avions seulement trois à Bakou en 2015.

Pourquoi avoir choisi de renoncer à la présidence de la Fédération française de cyclisme, dont votre successeur, Michel Callot, sera intronisé en fin de semaine lors de l’assemblée générale?

Les raisons sont multiples. Cela fait 20 ans que je suis élu à la FFC, dont 16 années au bureau exécutif et 8 ans comme président. Il faut savoir laisser la place. Mes fonctions internationales – la présidence de l’UEC et du Conseil du cyclisme professionnel, la vice-présidence de l’UCI – me prennent de plus en plus de temps. Je ne voulais pas que ces activités se fassent au détriment de la France. Et puis, après avoir avoir accompli autant de choses depuis 8 ans, je me suis posé la question de savoir si je serais toujours à même de porter une vague de réformes. Avant de prendre ma décision, je me suis assuré qu’il existait des gens capables de le faire à ma place. Michel Callot, mon successeur (il est seul en course pour la présidence de la FFC, ndlr), en a sans aucun doute la capacité.

 

Comment envisagez-vous la place et la position de l’UEC au sein de l’Union cycliste internationale?

Le cyclisme reste un sport de tradition européenne. Je souhaite que l’Europe pèse de plus en plus, tout en accompagnant le développement planétaire de nos disciplines. Je veux une Union européenne forte et influente.

La présidence du cyclisme européenne constitue-t-elle pour vous un tremplin vers une fonction équivalente à l’UCI?

Je n’ai jamais caché que la présidence de l’UCI m’intéresserait un jour. Je n’ai pas changé d’avis. Tout est une question de temps. J’ai le souhait de présider l’Union cycliste internationale. Brian Cookson (photo ci-dessus, avec David Lappartient), le président actuel, ayant annoncé sa candidature pour un deuxième mandat, il serait logique que j’attende 2021 pour me lancer. Mais rien ne dit que cette logique sera respectée.

Vous pourriez vous lancer en campagne dès la prochaine élection, prévue en septembre 2017 à Bergen?

Je n’ai pas encore pris ma décision.

Comment jugez-vous le premier mandat de Brian Cookson à la présidence de l’UCI?

Je souhaite pour l’UCI un président qui préside. Je suis très attaché au rôle des élus. A mes yeux, il revient au président d’assurer le leadership, surtout dans la période actuelle, marquée par des enjeux majeurs et des tensions fortes au sein du cyclisme mondial. L’UCI a besoin d’un leader fort, un homme qui prenne les décisions. Or, je trouve que, parfois, ce rôle est plus assuré par le staff de l’UCI que par Brian Cookson. Mais il connaît ma position. Je m’en suis déjà entretenu avec lui.

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