
Photo : ITA.
Après les drones dans la diffusion des compétitions, les drones dans l’antidopage ? L’Agence internationale de contrôle (ITA) a procédé à un test en collaboration avec le Centre de l’Alaska pour l’intégration des systèmes aériens sans pilote (ACUASI) et Sysmex. Un drone a réalisé un vol d’essai de 1.000 kilomètres afin d’évaluer si les échantillons sanguins destinés au contrôle antidopage peuvent être transportés de manière sûre et fiable sur de longues distances.
Cette solution pourrait faciliter l’acheminement des échantillons dans les délais impartis, particulièrement dans des régions difficiles d’accès. « La livraison par drone pourrait constituer une option supplémentaire lorsque les moyens de transport conventionnels sont plus lents, moins prévisibles ou difficiles à organiser, notamment lors d’événements majeurs tels que les Jeux olympiques », explique l’ITA, qui y voit aussi « une option plus économique et plus respectueuse de l’environnement »
« L’innovation est essentielle pour relever les défis pratiques de la lutte contre le dopage, mais elle doit toujours s’appuyer sur des bases scientifiques solides et sur les normes les plus strictes en matière d’intégrité des échantillons et de chaîne de traçabilité, rappelle Benjamin Cohen, directeur général de l’ITA. Nous évaluons si la technologie des drones peut devenir une option supplémentaire fiable pour le transport d’échantillons sur de longues distances ou à travers des terrains difficiles. Les résultats pourraient également avoir des applications au-delà de la lutte contre le dopage, notamment en aidant les communautés isolées à accéder plus rapidement et plus efficacement aux services médicaux et de laboratoire. »
L’Agence mondiale antidopage a salué cette initiative par l’intermédiaire du professeur Olivier Rabin, directeur principal de la science et de la médecine à l’AMA : « Le transport des échantillons vers des laboratoires accrédités par l’AMA en vue de leur analyse peut s’avérer coûteux et complexe sur le plan logistique pour les organisations antidopage, qui doivent garantir l’intégrité totale des échantillons pendant la phase de transport, en particulier lorsqu’ils proviennent de zones reculées ou difficiles d’accès. Les technologies modernes ont le potentiel de surmonter avec succès certains de ces défis sans compromettre la qualité. Elles doivent bien sûr faire l’objet de tests rigoureux afin de s’assurer qu’elles sont pleinement fiables et adaptées à l’usage prévu dans le contexte de la lutte contre le dopage. L’AMA félicite l’ITA et ses partenaires pour leur volonté d’innover dans ce domaine. »
L’évaluation du test est en cours. L’ITA compte publier les résultats dans une revue scientifique pour que d’autres organismes actifs dans la lutte contre le dopage, la médecine de laboratoire et les soins puissent s’intéresser au sujet.

