En phase de dialogue privilégié avec le CIO, la Suisse a avancé d’une case sur la route qui doit la mener aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2038. Lundi, le Conseil fédéral a confirmé qu’il soutiendrait l’organisation de l’événement. Les Jeux offrent « de grandes opportunités », a souligné le conseiller fédéral Martin Pfister. « Avec Switzerland 2038, nous concevons quelque chose de nouveau. La Suisse a la chance unique de montrer qu’elle est capable d’organiser l’un des plus grands événements sportifs mondiaux. »
200 millions de francs pour soutenir le projet
Le Conseil fédéral contribuera à hauteur de 200 millions de francs. Une enveloppe qui servira à financer les Jeux paralympiques (60 millions) et d’autres charges (80 millions), réduire le prix des transports publics pour les spectateurs (50 millions), et couvrir des coûts imprévisibles (10 millions). « Grâce à cette décision du Conseil fédéral, Switzerland 2038 bénéficie désormais aussi du soutien clair et important du gouvernement fédéral. Cela montre à quel point le projet a un impact convaincant sur le sport, la politique et la société, et comment Switzerland 2038 rassemble tout le monde autour d’une vision commune qui renforce durablement le sport suisse et inspire les générations futures », a salué Ruth Metzler-Arnold, présidente de Swiss Olympic.
Précision importante : « La Confédération n’assumera aucune responsabilité en cas de déficit. » La contribution étant relativement modeste pour un événement de cette ampleur, aucun référendum n’est prévu au niveau fédéral. « Les risques relevés par le concept d’organisation et de financement paraissent maîtrisables », ajoute le Conseil.
Plusieurs partis politiques ont exprimé le souhait qu’un référendum ait quand même lieu. « Sachant que plusieurs cantons ont déjà voté sur l’organisation de Jeux olympiques et ont dit non, il me semble nécessaire qu’un événement supra cantonal, qui implique l’ensemble de la Suisse, soit tranché par un vote au niveau national. Il y va de la légitimité et de la transparence d’un tel projet, estime Lisa Mazzone, présidente du groupe Les Verts. La Suisse ne connaît pas de référendum financier, mais il est possible d’amender le dossier pour ouvrir la porte à un référendum facultatif. » Au printemps, une étude avait mis en exergue un net soutien de la population suisse à la candidature, de l’ordre de 61%.

